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concrétisme

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Mouvement littéraire brésilien, qui débuta au musée d'Art moderne de São Paulo, en décembre 1956, par une exposition de poèmes, d'affiches et de sculptures. Ses initiateurs, les frères Haroldo et Augusto de Campos, et Décio Pignatari, s'inspiraient des arts plastiques non figuratifs, proposant de remplacer le vers par des structures fondées sur l'association formelle des mots et leur disposition spatiale, géométrique, sur la page ; d'abandonner la syntaxe discursive au profit d'une construction analogique « idéogrammique », permettant la juxtaposition directe des concepts ; de passer d'une poésie subjective à une poésie « exacte », synthétique, capable de réaliser la transcription d'images et de systèmes de représentation audiovisuels ; de relier la poésie aux autres arts dans le cadre du développement industriel et technologique moderne. Cette esthétique se réclamait de précurseurs brésiliens (Souzândrade, Oswald de Andrade) et étrangers (Mallarmé, Apollinaire, Pound, E. E. Cummings et Joyce). La « matrice » du groupe fut la revue Noigandres (1952). À partir de 1955, le mouvement se propagea en Allemagne, au Japon, en Grande-Bretagne. En 1958, les poètes de São Paulo publient le Plan-Pilote pour la poésie concrète, manifeste qui fait la synthèse des idées du mouvement. À partir de 1961 s'y incorpore une thématique d'engagement social sous l'invocation de Maïakovski. Plus récemment, le concrétisme a évolué vers des poèmes-codes, sans paroles, faits de symboles graphiques, et des poèmes popcrets, à base de montages de mots découpés. Réagissant contre la « génération de 1945 », les théoriciens de la poésie concrète remontent à la phase héroïque de 1922, c'est-à-dire à l'esprit d'avant-garde et d'expérimentation. Plusieurs poètes de 1922 se rapprochent d'ailleurs du concrétisme, tels que M. Bandeira ou Drummond de Andrade, à travers la revue Invenção. Les postulats du concrétisme ont exercé une très grande influence sur le lyrisme brésilien et tendent à la création d'une sorte d'espéranto poétique.