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chants royaux

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Avec ce qu'il est convenu d'appeler les « chants royaux », la langue amharique (archaïque) fait son entrée dans la littérature éthiopienne. Ce sont des textes qu'on peut dater des xive, xve et xvie s. À l'époque, il n'y a, en Éthiopie, de poésie que chantée : on ne déclame pas. D'où le nom donné à ces textes par les premiers qui les ont étudiés. Ces chansons épiques composées probablement par des professionnels attachés à la cour royale et faites pour être chantées avec accompagnement d'un instrument à cordes appartiennent pour la plupart au genre de la louange, tel qu'il subsiste encore en mainte cour africaine. L'une d'elles est peut-être un thrène, un « chant de mort ». Les traits d'esprit y sont présents. Les souverains dont elles gardent la mémoire glorieuse sont Amda Seyon (1314-1344), Dâwit (1382-1413), Ishaq (1414-1429), Amda Iyasus (septembre 1433-juin 1434), Zar'a Yâ' eqob (1434-1468), Ba-eda Mâryâm (1468-1478), Lebna Dengel (1508-1540) et Galâwdêwos (1541-1559).

Les vers sont courts (six ou huit syllabes ; une pièce est en alexandrins) et assonancés (parfois rimés) sur une finale unique pour toute la pièce. Certaines compositions peuvent être très longues, avec refrain. Souvent, on peut distinguer des disques, dont le second vers contient une « pointe », basée sur un jeu de mots. C'est là une caractéristique de la poésie éthiopienne traditionnelle, à laquelle s'applique parfaitement ce qu'écrivait Roger Caillois de toute poésie : « La première ligne est une attente que la seconde vient combler. » Ces chansons ne marquent pas la naissance d'un genre : elles en sont seulement les plus anciens témoins. Faites pour être colportées de bouche en bouche, elles ont dû trouver un amateur, comme il en existe encore aujourd'hui, qui les a notées pour sa collection, et nous sommes redevables au dadjâzmâtch Hâylu qui nous les a conservées en les faisant inclure dans le recueil de chroniques royales qu'il a constitué à Mâhdara Mâryâm et dont la copie s'est achevée un vendredi du mois de septembre 1785 de notre ère.