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auto sacramental

Pedro Calderón de la Barca
Pedro Calderón de la Barca

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Forme théâtrale espagnole désignant une pièce édifiante (représentation du Saint-Sacrement) jouée autrefois, dans les rues, le jour de la Fête-Dieu sur des tréteaux ambulants. Les autos s'inspiraient de la Bible ou des légendes hagiographiques chrétiennes ; certains étaient consacrés à la Vierge (autos marianos), d'autres d'inspiration profane. Apparentés aux mystères médiévaux français ou aux miracle plays des Anglais, les autos ont un sens allégorique et une intention didactique et apologétique. Si la Renaissance et la Réforme ont pour conséquence, en France et en Angleterre, le déclin du théâtre religieux, les autos sacramentels prospèrent dans l'Espagne catholique, bastion de la Contre-Réforme.

Juan del Encina (1469-1529), le premier, laïcise le théâtre. Lope de Vega laisse 43 autos sacrés, et Calderón, 80 (citons le Grand Théâtre du monde et le Festin de Balthazar). Avec Tirso de Molina (le Damné par manque de foi), ils font l'âge d'or du théâtre espagnol ; contrairement au Moyen Âge, le drame profane se développe, et le même sujet est parfois utilisé par un auteur sous forme de drame et sous forme d'auto. Au Portugal, le plus ancien auto est dû à Gil Vicente (1465-1536). Les costumes des acteurs correspondaient aux emplois de la comedia. Les personnages allégoriques (Démon, Monde, Chair, Innocence, etc.) étaient facilement identifiables. L'auto sacramentel, commandé et subventionné par les municipalités, connut un public nombreux, attiré par le spectacle plus que par le débat d'idées souvent pauvre. En 1765, un édit royal les interdit sous prétexte que les jeux du théâtre sont peu compatibles avec la dignité de la religion.