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apocryphes

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Par le terme « apocryphes », qui signifie « cachés », les protestants désignent plusieurs livres bibliques dont la canonicité n'a pas été reconnue par le judaïsme. Ces livres nous ont été transmis par les Églises chrétiennes. L'Église catholique les appelle deutérocanoniques (admis dans le canon en deuxième rang). Ce sont Judith, Tobie, Maccabées I et II, la Sagesse de Salomon, le Siracide ou Ecclésiastique, Baruch, la Lettre de Jérémie. À ces livres, il faut ajouter les fragments grecs d'Esther, et les suppléments grecs au Daniel sémitique.

En plus de ces écrits deutérocanoniques ou apocryphes, il existe une vaste littérature qui n'a jamais appartenu à aucun canon officiel du judaïsme ou du christianisme. Ce sont les pseudépigraphes, appelés ainsi parce que leurs auteurs se couvrent généralement sous le patronage de personnalités connues par les livres bibliques : Adam et Ève, Hénoch, Noé, Abraham, etc. Composés soit dans les pays de la Diaspora (dispersion juive) de langue grecque, et principalement d'Égypte, soit en Palestine, les pseudépigraphes constituent la littérature dite intertestamentaire, c'est-à-dire ce corps littéraire intermédiaire entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Des pseudépigraphes de langue grecque, on retiendra Maccabées III et IV, les Oracles sibyllins, et de ceux qui ont été composés originellement en hébreu ou en araméen, le Livre des Jubilés, les Livres d'Hénoch, la Vie d'Adam et Ève, le Martyre d'Isaïe, les Psaumes de Salomon, Baruch II et III, Esdras IV. L'étude de la littérature intertestamentaire permet de mieux comprendre la richesse et la complexité du judaïsme au moment de la levée du christianisme.

Apocryphes du Nouveau Testament

Le même terme d'apocryphes ou de pseudépigraphes désigne des écrits chrétiens conservés sous le nom d'évangiles ou mis sous le nom des apôtres, mais dont la canonicité n'a pas été admise par la grande Église. Les principaux apocryphes du Nouveau Testament sont : l'Évangile selon les Hébreux (vers 90), en araméen ; l'Évangile selon les Égyptiens (vers 150), de tendance gnostique ; le Protévangile de Jacques (vers 150), en grec ; les Actes de Paul et de Thècle (vers 160), en grec, en marge des Actes des Apôtres.

L'équilibre de l'enseignement et de l'action disparaît dans les évangiles apocryphes, si on excepte des fragments proches des livres canoniques, dont le mieux représenté est l'Évangile de Pierre (Ire moitié du iie s. en Asie Mineure), et des remaniements hétérodoxes comme le tardif Évangile de Barnabé (xve-xvie s., marqué par le syncrétisme des trois religions du Livre) ; mais il sont très généralement constitués soit de récits, soit de recueils de paroles (logia). Les récits ajoutent à la Passion des témoignages apologétiques (Évangile de Nicodème, dont la première version remonte au ve s.), ou à la Nativité de Jésus celle de Marie (le Protévangile de Jacques, dont la première forme est de la seconde moitié du iie s.), ou bien attribuent à Jésus des anecdotes enfantines merveilleuses (Évangile de l'enfance de Thomas, du ve s.). Les recueils de paroles appartiennent à la tradition gnostique, qui écarte le récit, particulièrement celui de la Passion, jugé blasphématoire. Rappelons que, pour la gnose, la connaissance ésotérique est transmise par le Christ ressuscité. Le plus célèbre de ces recueils est l'Évangile de Thomas (découvert aux environs de Nag Hammadi vers 1945 et qui date de la seconde moitié du iie s.)