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antiroman

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Le terme lui-même est ancien et correspond à un élan de libération des conventions narratives : Sorel l'utilise pour qualifier son Berger extravagant, et il n'est pas fortuit que Sartre en use à son tour dans sa préface à Portrait d'un inconnu de Sarraute. Après les critiques de Valéry, de Gide ou de Breton à l'égard du roman, Beckett, Blanchot et tous ceux qui feront le renouveau du genre, entreprennent de « larguer le romanesque » (Pinget), mais de l'intérieur. D'où une littérature du soupçon, qui touche à la fiction et au langage, du Nouveau Roman à Tel Quel. Cervantès, Dostoïevski, Joyce, Roussel offrent cautions et modèles. Sous l'égide épistémologique de la phénoménologie et de la psychanalyse, l'antiroman entretient une relation spéculaire avec ce qu'il dénonce et se donne pour l'exact opposé de la théorie, caricaturale, qu'il prête à Balzac : déconstruction narrative, réalisme paradoxal, mort du héros, flou temporel, refus du psychologisme et de l'illusion référentielle.