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acméisme

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Mouvement poétique russe (du grec akmè, « pointe », « plein épanouissement »), né en 1912 d'une crise du symbolisme. Toute une génération de poètes, constatant l'échec du symbolisme dans sa tentative de connaître l'inconnaissable et pour réagir contre ses visions vagues, se réunit au sein de la Guilde des poètes et prône un retour au monde et à la représentation concrète des choses : l'écriture est marquée par une recherche de l'équilibre et de la clarté, de la concision, de la sobriété et de l'harmonie. Les manifestes de Nikolaï Goumiliov et Sergueï Gorodetski (1884-1967), publiés en 1913, et celui de Mandelstam, « le Matin de l'acméisme » (1921), posent les principes de l'acméisme. Leurs auteurs accordent un rôle essentiel au « métier poétique », refusant de considérer, à l'instar des futuristes, le mot comme une fin en soi : pour Mandelstam, le poème est « édifié », comme une cathédrale où les mots jouent le rôle des pierres. Mikhaïl Zenkiévitch (1891-1969) et Vladimir Narbout (1888-1938), proches de Goumiliov, développent une conception légèrement divergente, l'« adamisme », qui met en avant une redécouverte « biologique », « primitive » du monde et de l'individu. Le groupe se dissout de lui-même pendant la guerre, et la tentative de Goumiliov, en 1921, pour ressusciter le mouvement reste sans lendemain. Cependant, les noms d'Akhmatova et de Mandelstam, dont l'œuvre a ensuite évolué indépendamment de ce mouvement, restent étroitement liés à l'acméisme.