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Andrea Zanzotto

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain italien (Pieve di Soligo, Trieste, 1921-Conegliano 2011).

Poète « tellurique », il allie la grâce immédiate des paysages primitifs à la traversée, jusque dans leurs profondeurs inconscientes, du langage et de la psyché (Derrière le paysage, 1951 ; Vocatif, 1957 ; IX églogues, 1962 ; la Beauté, 1968 ; les Pâques, 1973 ; la Veillée, 1976, poème sur le dialecte vénitien écrit pour le Casanova de Fellini ; la trilogie Du paysage à l'idiome qui réunit les recueils de poésies suivants : le Galatée au bois, 1979, Phosphènes, 1982 et Idiome, 1986  reprenant les grandes traditions poétiques italiennes pétrarquiste, dantesque et dialectale ; Météo, 1996 ; Surimpression, 2001). La campagne vénitienne de Pieve di Soligo, sa terre natale, n'a cessé d'être le « séjour » privilégié de son inspiration. Tantôt Zanzotto tente de lui emprunter, en deçà de toute description, sa puissance première d'incantation : sa poésie, alors, est avant tout recherche et nostalgie d'une langue originelle, que cette origine soit culturelle (Virgile, les lyriques grecs, la Bible), ou prérationnelle, voire pré-linguistique (ce langage à l'état naissant qu'est, en Vénétie, le « petèl », balbutiement dialectal à travers lequel la mère et l'enfant communiquent en deçà des mots). Tantôt, au contraire, il disloque le paysage, il le torture ; il se torture, plutôt, à le rendre méconnaissable, comme pour mieux se méconnaître lui-même dans son miroir brisé, sujet éclaté, hanté par Hölderlin, piégé par Lacan. Tantôt, enfin, il se perd dans le fourmillement moléculaire de sa chimie minérale et végétale, il s'y dissout, s'y dissémine, tandis que sur la page les signes et les lettres s'enchaînent, s'agglutinent, se désarticulent en une incessante fermentation kaléidoscopique.