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Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde

Oscar Wilde
Oscar Wilde

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain irlandais (Dublin 1854 – Paris 1900).

Fils de sir William Wilde, ophtalmologue réputé, et de « Speranza », poétesse qui lui transmettra son goût pour le merveilleux légendaire, il adopte très tôt la pose du dandy esthète. Héritier de Keats et de Pater, il s'éprend du symbolisme français et s'inspirera même de Huysmans. Constance Lloyd, épousée en 1884, lui donnera deux enfants pour qui il écrit le Prince heureux et autres contes (1888), le Crime de lord Arthur Saville et autres histoires (1891) et Une maison de grenades (1891). Ses essais (le Déclin de l'art du mensonge, 1889 ; Intentions, 1891) sont autant de manifestes anti-réalistes où se développe une théorie de l'artifice (seuls les masques disent vrai), qu'on retrouve dans son unique roman, le Portrait de Dorian Gray (1891). Dans cette évocation d'une amitié masculine, allégorie paradoxale de l'homme vampirisé par son image, le héros, incarnation du snobisme fin de siècle, voit son portrait se déformer sous le poids des vices, tandis que lui-même conserve une jeunesse parfaite. Miné par cette dépossession, il en vient à haïr le tableau, qu'il frappe et déchire : l'œuvre retrouve sa beauté, le modèle meurt. C'est l'image qui souffre, contrairement à la thèse exprimée dans la préface du récit ; c'est la nature qui imite l'art. Wilde est confirmé dans son rôle d'amuseur par ses brillantes comédies mondaines, dont le succès ne se dément pas aujourd'hui (l'Éventail de lady Windermere, 1892 ; Une femme sans importance, 1893 ; Un mari idéal, 1895 ; et, surtout, De l'importance d'être constant, 1895). Au contraire, Salomé, rédigée en français à l'intention de Sarah Bernhardt, est interdite à Londres mais représentée à Paris (1893). Qualifié de « somdomite » [sic] par le marquis de Queensberry, père de son compagnon lord Alfred Douglas, dit « Bosie » (1870-1945), Wilde lui intente un procès en diffamation (1895), qu'il perd. Poursuivi pour délit d'homosexualité, il purgera une partie de ses deux ans de travaux forcés à la prison de Reading (Ballade de la geôle de Reading, 1898). Exilé en France dès sa libération, il vit de charité sous le nom de Sébastien Melmoth, avant de se convertir au catholicisme. Une partie de la lettre à Alfred Douglas, méditation autobiographique écrite en prison un mois avant sa libération (1897), fut publiée partiellement en 1905 et intégralement en 1962 : Wilde y formule une ultime réflexion sur le destin, la beauté et le sens de la douleur : « Il n'y a qu'un péché : être superficiel. »