En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Elie Wiesel

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain américain d'origine hongroise et d'expression française (Sighet, Roumanie, 1928 – New York 2016).

Issu d'une famille juive de Transylvanie, il est déporté à 16 ans à Birkenau, à Auschwitz et à Buchenwald. Seul (ou presque) survivant de sa famille, il place toute son œuvre sous le signe de son expérience de la souffrance et de la haine, et de l'approfondissement de la condition juive : la trilogie la Nuit (1960), l'Aube (1960), le Jour (1961) compose les premières pierres du « monument invisible » qu'il élève à la mémoire des victimes des crématoires. Mais en même temps court en filigrane de tous ses récits un espoir irrépressible qui s'enracine dans la tradition juive, les légendes orales (les Portes de la forêt, 1964 ; le Mendiant de Jérusalem, 1968). En 1966, après une enquête en U.R.S.S., il donne la parole aux Juifs du silence : l'expression restera pour désigner les Juifs des pays de l'Est, victimes d'un double racisme, héréditaire et idéologique, populaire et officiel. Après les nouvelles, ou plutôt les prières du Chant des morts (1966), et l'évocation dramatique du conflit entre l'intransigeance ancestrale et la compromission avec le monde (Zalmen ou la Folie de Dieu, 1968), Wiesel dit son attachement à Israël – attachement plus métaphysique que proprement politique – dans Un Juif d'aujourd'hui (1977). Il remonte au cœur du hassidisme avec Célébration hassidique (1972), Portraits et Légendes (1975), Célébration biblique (1975), Contre la mélancolie, célébration hassidique (1981). Mais son esprit reste hanté par les violences des pogroms et des camps, qu'ils soient tsaristes, nazis ou staliniens (le Serment de Kolvíllág, 1973 ; le Procès de Shamgorod, 1979 ; le Testament d'un poète juif assassiné, 1980 ; Paroles d'étranger, 1982) : une psalmodie qui mêle larmes et cris d'espoir, interrogations passionnées des rescapés et des bourreaux, une méditation continue sur l'exécration et le pardon (le Cinquième Fils, 1983 ; Signe d'exode, 1985 ; le Crépuscule au loin, 1987).