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Christoph Martin Wieland

Christoph Martin Wieland
Christoph Martin Wieland

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain allemand (Oberholzheim, près de Biberach, 1733 – Weimar 1813).

Fils de pasteur et d'abord marqué par son éducation piétiste, il débute par des poèmes séraphiques et des épopées dans le goût de Klopstock ou de Bodmer (la Nature des choses, 1752 ; Anti-Ovide, ou l'Art d'aimer, 1752), des opuscules moralisateurs et des tragédies sentimentales (Lady Johanna Gray, 1758). Une profonde crise psychologique, la fréquentation d'un cercle éclairé groupé autour du comte Stadion, le font se tourner vers les Lumières. Auteur de Contes comiques (1765) dans le goût de La Fontaine, il se moque du mysticisme et de la superstition dans Don Silvio de Rosalva (1764). Agathon (1766, versions remaniées en 1773 et 1798), premier exemple d'un Bildungsroman, retrace sous un masque grec transparent les incertitudes de la jeunesse de Wieland. En 1768, Musarion ou la Philosophie des Grâces, à mi-chemin entre le poème didactique et le conte comique, expose une philosophie du bonheur inspirée de Shaftesbury, conciliant nature et esprit, plaisir et vertu et qui évoluera toujours davantage vers les positions des cyniques grecs, comme le montre Socrate en délire (1770). Nommé en 1769 professeur à Erfurt à la suite de sa monumentale traduction de Shakespeare, Wieland y rédige un roman politique dans l'esprit de l'absolutisme éclairé, le Miroir d'or ou les Rois du Scheschian (1772), qui lui vaut d'être appelé à la cour de Weimar comme précepteur du duc héritier. Il y fait représenter un « Singspiel », Alceste (1773), et fonde la revue littéraire le Mercure allemand (1773-1789), qui contribuera à l'avènement du classicisme weimarien. Il publie le roman les Abdéritains (1774-1781), spirituelle satire de l'étroitesse philistine, puis en 1780 son chef-d'œuvre, l'épopée Obéron qui allie à la grâce légère du récit et à la virtuosité de la versification la gravité d'un idéal d'humanité qui rapproche Wieland de Lessing. Le roman Aristippe (1800-1802) réaffirme l'attachement de l'auteur, alors en butte aux attaques des romantiques, au cosmopolitisme de l'Aufklärung (on le surnomma le « Voltaire de l'Allemagne »).