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Henrik Wergeland

Henrik Wergeland
Henrik Wergeland

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète norvégien (Kristiansand 1808 – Christiania, auj. Oslo, 1845).

Son premier recueil (Poèmes Premier Cycle, 1829) s'ouvre et se ferme sur des poèmes dédiés à Stella, son « épouse céleste », aussi lointaine que les étoiles, mais vers laquelle la pensée du poète s'élève en images hardies et exaltées. Après l'amour, c'est la liberté qui se trouve au centre de Poèmes Deuxième Cycle (1834), auxquels il faut joindre l'Espagnol (1833) ou Caesaris (1833), ce dernier dénonçant le tsar qui venait de noyer la révolution polonaise dans le sang. Entre ces deux recueils, Wergeland a publié un grand poème dramatique, composé de monologues, de dialogues et de chœurs, la Création, l'Homme et le Messie (1830) : cette épopée romantique de 20 000 vers affirme que l'esprit du ciel n'a pas quitté le cœur des hommes et voit son histoire, à partir des origines du monde, comme une marche vers une société idéale d'amour et de liberté. Intitulée par son auteur « Bible des républicains », cette œuvre ambitieuse, surchargée d'images et d'exclamations, demeure néanmoins à la source de la littérature norvégienne moderne. L'auteur en donna une version condensée sous le titre de l'Homme (Mennesket) en 1845.

Parallèlement, Wergeland écrit des comédies et des farces où il se moque de ses adversaires littéraires ou politiques (Fantasmes, 1829 ; le Perroquet, 1832), mais aussi des pièces dramatiques (la Mort de Sinclair, 1828) ou musicales (les Campbell ou le Retour du fils, 1837). Son amour de la liberté et sa passion pour sa patrie lui feront dénoncer toute sa vie les injustices, engageant de violentes polémiques avec les tenants du pouvoir et les exploiteurs. Il travaillera aussi à développer l'instruction populaire, multipliant brochures éducatives, contes pour enfants et éditant un journal, Pour la classe ouvrière (1839-1845), distribué gratuitement. Wergeland intervint pour que le Parlement abroge le paragraphe de la Constitution norvégienne interdisant aux Juifs l'entrée en Norvège et cette cause lui inspira deux grands poèmes, le Juif (1842) et la Juive (1844). Mais il reste aussi le grand romantique, chantant dans ses Poésies (1838) l'ardeur et la joie de son amour pour celle qui deviendra sa femme et qui réconcilie en lui « le chérubin » et « la bête ». Se mettant hardiment en avant – un de ses poèmes les plus significatifs s'intitule Moi-même –, s'engageant (notamment contre Welhaven pour une langue et une culture spécifiquement norvégiennes, débarrassées des influences danoises) et s'exposant aussi bien dans son œuvre que dans son action politique et sociale, Wergeland a donné une impulsion décisive à la littérature norvégienne et déterminé un courant dont le premier héritier sera Bjørnson.