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Derek Walcott

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain antillais (Castries, Sainte Lucie, 1930).

Enseignant, journaliste, peintre et poète, il est l'auteur et le metteur en scène d'une quinzaine de pièces de théâtre, produites pour la radio ou la scène, à Trinidad, à la Jamaïque ou aux États-Unis : Henri Christophe (1950), drame historique ; Rêve sur la montagne au singe et d'autres pièces de la même époque (1970), mélanges de culture populaire et de références à de grands textes, dans divers registres allant du dialecte et de l'anglais créolisé jusqu'à l'anglais de la reine ; le Trompeur de Séville (1975), adaptation de Don Juan traitée dans le genre de la comédie musicale ; Oh, Babylone ! (1978), consacrée aux Rastafarians ; Ressouvenance (1980). Également poète (25 Poems, 1948 ; Épitaphe à l'adresse de la jeunesse (1949) ; Poèmes (1953) ; Dans une nuit verte ; Poèmes, 1948-1960, 1962 ; Poèmes choisis, 1964 ; le Naufragé et autres poèmes (1965) ; le Golfe et autres poèmes (1969) ; Une autre vie (1973) ; Varechs, 1976, autobiographie en vers), sa poésie, locale et enracinée, présente néanmoins une indéniable dimension d'universalité. Faisant figure de novateur, notamment au Trinidad Theatre Workshop qu'il fonde, où il allie avant-garde et respect du folklore, revendiquant, d'autre part, le titre de « mulâtre du style » (il est le fils d'un père britannique et d'une mère de couleur), il mêle harmonieusement diverses langues (latin, français, anglais soutenu et patois), diverses traditions, l'influence du catholicisme ambiant et du méthodisme familial, et sait évoquer la grandeur parfois poignante de ces conflits dans des métaphores chatoyantes. Ses recueils suivants témoignent toujours de son intérêt pour le palimpseste (Omeros, 1990), les relations entre terre maternelle et terre d'accueil (le Testament de l'Arkansas, 1987) ou les interactions entre les cultures du Nouveau Monde et de l'Europe (la Munificence, 1997, et le Jardin de Tieppolo, 2000). Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1992.

Une autre vie, poème autobiographique (1973). L'information factuelle et la narration n'y entravent nullement la célébration lyrique ou l'attaque passionnée. En quatre parties, il retrace l'éveil d'une vocation artistique dans un milieu villageois où certains personnages deviennent des héros de la mythologie classique. Puis, l'influence de Dunstan St. Omer et Harry Simmons révèle au poète que son talent n'est pas pictural. À la suite du grand incendie de Castries et de sa passion pour la blonde Anna Andreuille, sa vocation littéraire, qui supplante l'amour, devient le thème d'une quête qui cesse à son départ de Sainte-Lucie et reprend avec la mort du mentor, Harry.