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Blaise de Vigenère

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Traducteur, polygraphe et kabbaliste français (Saint-Pourçain 1523 – 1596).

Esprit universel, il a laissé une œuvre qui trouve son unité profonde dans une doctrine ésotérique articulée en trois disciplines correspondant chacune aux trois grandes parties de l'Univers : l'alchimie, science du monde élémentaire (Traité du feu et du sel, 1618) ; la magie, science de la Nature (Traité des comètes (1578) ; la Kabbale enfin, science du monde spirituel (Traité des chiffres ou Secrettes Manières d'escrire, 1587). L'herméneutique léguée par le vieux fonds de la tradition kabbalistique juive – tradition revivifiée par les humanistes chrétiens de la Renaissance, dont le chef de file fut, en France, Guillaume Postel – lui fournit la base d'un système de déchiffrement des signes de la langue conçus comme autant d'expressions de la pensée divine et de reflets de l'organisation générale de l'Univers. C'est du même dessein fondamental que procèdent ses traductions d'auteurs latins (Cicéron, César, Tite-Live) et grecs (Philostrate, Chalcocondyle). Expression, dans le domaine de la prose, de l'esthétique maniériste propre à la fin du xvie siècle, elles participent du grand essor de la prose française qui, au xvie s. (cf. Amyot), succède, en le prenant pour modèle, à celui de la poésie. C'est encore le même dessein qui inspire à Vigenère sa traduction des Psaumes pénitentiels de David en « prose mesurée », tentative d'adaptation à la langue des qualités rythmiques du langage biblique.