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Gil Vicente

Gil Vicente
Gil Vicente

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Auteur dramatique portugais (Guimarães v. 1465 – Evora v. 1537).

Né dans une famille d'artisans, il est nommé orfèvre de la reine (1509), puis contrôleur général de la maison de la Monnaie (1513) à Lisbonne, charge qu'il vend (1517) pour se consacrer à l'organisation des autos, représentations et danses à la cour de Manuel Ier. Sa connaissance du castillan lui permet l'accès aux diverses formes de la culture religieuse et profane dont son œuvre apporte le témoignage. Considéré comme le créateur du théâtre portugais, il laisse une œuvre très vaste – autos, moralités, farces, comédies – en castillan et en portugais, publiée d'abord en feuillets volants (beaucoup d'entre eux furent interdits par l'Inquisition), compilée plus tard par son fils, Luis Vicente, qui en modifia le texte et en altéra la chronologie. Les moralités, héritées en partie des églogues espagnoles de Juan del Encina et de Lucas Fernández, apparaissent à partir de 1510. On y trouve les sommets de l'art de Gil Vicente : la Trilogie des barques (1517-1519), combinaison du symbolisme chrétien médiéval et d'éléments traditionnels ; l'Auto de l'âme (1518), qui, mettant en scène une âme sollicitée par le Diable et l'Ange, constitue l'une des plus belles expressions de l'art gothique et du christianisme médiéval. Avec l'Auto de l'Inde, satire de la femme infidèle au soldat parti en Inde, Gil Vicente crée en 1509 la farce littéraire au Portugal : critiquant le clergé qui se dérobe à l'impôt lors de la croisade contre l'islam (Auto de l'exhortation à la guerre, 1514), les magistrats et administrateurs qui exploitent le peuple (Auto de la barque de l'enfer), la corruption de la cour et son favoritisme (Farce des muletiers, 1527), les filles de la plèbe, futiles et prétentieuses (Qui a du blé ?, 1515 ; Inês Pereira, 1523), il fait revivre, en puisant dans les romances portugais ou colportés d'Espagne et en utilisant les effets comiques des patois locaux, toute la société portugaise du premier tiers du xvie s.