En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Jean Bruller, dit Vercors

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain et dessinateur français (Paris 1902 – id. 1991).

D'origine hongroise par son père, il se lance, après des études d'ingénieur, dans une carrière de dessinateur humoriste, de graveur et d'illustrateur, et signe, sous son vrai patronyme, un ensemble remarquable (et trop méconnu) d'albums d'un humour sombre qui évoquent la manière de Gus Bofa et l'expressionnisme de Grosz ou de Dix : ainsi 21 recettes de mort violente (1926) et les quinze fascicules de ses Relevés trimestriels, rassemblés de 1932 à 1938 pour composer son grand œuvre dessiné, la Danse des vivants, vision satirique et sans concession du monde contemporain. Critique d'art apprécié, il collabore à des revues comme les Annales, Marianne ou Vendredi (revue antifasciste, proche du Front populaire), et se lie d'amitié avec un grand nombre d'écrivains, parmi lesquels Jules Romain, Georges Duhamel, Romain Rolland. Son premier parcours permet de comprendre le choc que fut pour lui la victoire de l'Allemagne nazie en 1939. Se refusant à être publié sous l'Occupation, il s'engage dans la Résistance, prenant ce nom de Vercors qui le rendra célèbre lorsqu'il publie le Silence de la mer en 1942, premier ouvrage de la maison d'édition clandestine, les Éditions de Minuit, qu'il vient de fonder avec l'écrivain Pierre Lescure. Dans ce court récit, qui met en scène le vain face-à-face d'un officier allemand cultivé et sensible, Von Ebrennac, et de la famille française chez qui il vit, Vercors dénonce les illusions de l'humanisme dans un monde régi par la haine. Ce texte aura un retentissement littéraire et moral immédiat, et fera la gloire de son auteur, même si les horreurs de la guerre lui inspirent d'autres textes poignants (Ce jour-là, 1943 ; la Marche à l'étoile, 1943 ; l'Impuissance, 1944 ; le Songe, 1944). Il poursuit, après la guerre, sa carrière d'humaniste critique, dans des romans (la Puissance du jour, 1951 ; les Animaux dénaturés, 1952 ; Colères, 1956 ; les Chevaux du temps, 1977 ; le Tigre d'Anvers, 1986), des essais (Plus ou moins homme, 1950 ; les Chemins de l'être, 1965 ; Questions sur la vie, 1973 ; Ce que je crois, 1975), des Mémoires (la Bataille du silence, 1967) et il mènera jusqu'à sa mort une carrière littéraire féconde, marquée par la fermeté de ses engagements politiques (dénonciation de la politique de l'U.R.S.S., et éloignement du P.C.F. ; renvoi de sa légion d'honneur après l'assassinat d'un avocat musulman ; engagement contre la guerre d'Algérie, contre la guerre du Viêt Nam).