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Trai Phum

(les Trois Mondes)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Version cambodgienne (recueillie verbalement depuis le xiiie s. et rassemblée définitivement en 1778) du Trai Bhumi, traité de cosmogonie indien, dont il existe plusieurs versions dans les pays du Sud-Est asiatique. Connu au Cambodge comme étant la description des mondes de renaissance, à travers les diverses conditions de la transmigration, le Trai Bhumi frappa l'imagination populaire par la représentation détaillée des différents enfers aux supplices impressionnants, et celle du ciel des Trente-Trois Dieux, sur lesquels règne le dieu Indra, ou Sakka. Entre les deux, notre continent, le Jambudipa, déploie ses paysages autour du Mont Meru. Bien qu'il ait hérité d'une cosmologie qui lui est antérieure et ne l'ait pas remise en question, le bouddhisme a intégré le « monde tel qu'il est », avec l'ensemble de ses créatures : êtres infernaux, preta (damnés), asura (démons ou ennemis des dieux), animaux, hommes, deva (dieux), et les a tous placés dans l'obédience de la Loi (Dhamma). Les Trois Mondes sont : le monde du Désir (Kamabhumi), le monde de l'Apparence ou de la Forme (Rupabhumi), et le monde de l'absence d'Apparence ou absence de Forme (Arupabhumi). Ces trois « territoires » sont eux-mêmes subdivisés en étages, où chacun mène pour un temps déterminé l'existence dans laquelle ses mérites ou ses démérites lui ont valu de renaître. Dans la pensée populaire, des choix se sont opérés, gardant bien présents et imagés les étages du Kamabhumi où vivent les damnés, les animaux, les hommes, les démons et les dieux, et laissant plus ou moins dans l'ombre les abstractions des mondes supérieurs, « où il n'y a plus notions ni absence de notions ». Le Thrai Phum a inspiré de nombreuses peintures, et certains bas-reliefs d'Angkor-Vat. La représentation des supplices des enfers froids et des enfers chauds, celle du mont central de l'Univers, celles des palais célestes et des « jardins de plaisance » des dieux, comme celle d'une vision cyclique de l'espace et du temps, l'ont emporté sur la théorie d'une progression vers le nibbana.