En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Laurent Tailhade

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Tarbes 1854 – Combs-la-Ville 1919).

Poète de la mouvance symboliste, il en illustre les tendances anarchistes et la violence satirique. Après des débuts parnassiens qui lui valent les encouragements de Théodore de Banville (le Jardin des rêves, 1880), il se rapproche des milieux décadents et symbolistes, fréquentant Cros, Verlaine, Barrès et Moréas. Il crée le scandale par ses œuvres polémiques, où il met à l'épreuve son goût des sonorités et de l'invective : Au pays du mufle (1891) – le mufle, c'est le bourgeois – est salué par Mallarmé ; il exploite le même filon, qu'il s'agisse de vers ou de prose, avec À travers les groins (1899), Imbéciles et Gredins (1900), où il attaque violemment tous les antidreyfusards, et Dix-Huit Ballades familières pour exaspérer le mufle (1904). Ses pamphlets en vers ont été réunis dans les Poèmes aristophanesques en 1904. En 1893, Tailhade s'écrie au cours d'un banquet littéraire, le soir de l'attentat de Vaillant (1893) : « Qu'importent les victimes, si le geste est beau ! Qu'importe la mort de vagues humanités, si par elle s'affirme l'individu ! » Cette apologie de la violence choque considérablement, et elle n'empêchera pas son auteur d'être lui-même gravement blessé, peu de temps après, lors de l'attentat anarchiste du restaurant Foyot (1894) : il persiste dans sa défense de l'anarchisme (il sera condamné pour provocation au meurtre lors de la visite du tsar en 1901). Ce goût du scandale ainsi que son anticléricalisme lui valent, avec quelques duels, la célébrité. À côté d'une activité intense et polémique de journaliste, il s'emploie à traduire Pétrone (le Satiricon, 1902) et Plaute (Trois Comédies, 1905 ; la Farce de la marmite, 1909). Il finira, à la fin de sa vie, par renier l'anarchie pour l'ordre et la foi (Un monde qui finit, 1910 ; Quelques Fantômes de jadis, 1919). En dépit d'une œuvre poétique variée (Poèmes élégiaques, 1907 ; Plâtres et Marbres, 1913) où jouent subtilement l'héritage parnassien, l'imaginaire et les rythmes symbolistes, Tailhade demeure à la postérité pour la violence de son verbe pamphlétaire.