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Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur

Comtesse de Ségur
Comtesse de Ségur

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Femme de lettres française d'origine russe (Saint-Pétersbourg 1799 – Paris 1874).

Fille du comte Rostopchine (qui, gouverneur de Moscou lors de l'attaque napoléonienne, se défendit d'avoir incendié la ville), elle arriva à Paris en 1816 et épousa le comte Eugène de Ségur en 1819. Sa vocation littéraire découle de son art d'être grand-mère. Après les Nouveaux Contes de fées (1856), publiés par Hachette avec des illustrations de Gustave Doré, parurent 19 romans de 1857 à 1871, tous illustrés par de grands artistes (les Petites Filles modèles, 1858 ; les Vacances, 1859 ; les Mémoires d'un âne, 1860 ; Pauvre Blaise ! 1861 ; l'Auberge de l'Ange-Gardien, 1863 ; les Malheurs de Sophie, 1864 ; la Fortune de Gaspard, 1864 ; Un bon petit diable, 1865 ; le Général Dourakine, 1866 ; Diloy le chemineau, 1867 ; Après la pluie, le beau temps, 1869). De leur succès naquit la « Bibliothèque rose ».

Les romans de la comtesse sont des romans de la vie quotidienne, vie de hobereaux ou de bourgeois campagnards, décrite avec une telle abondance de détails qu'ils sont un document sur la vie française et sur l'histoire des mentalités au xixe siècle. Mélange de récits, de contes, de saynètes, ils témoignent dans leurs dialogues d'une solide connaissance de la psychologie et du parler des enfants. La comtesse se pose en pédagogue moderne, fondant l'autorité sur la tendresse et non sur la crainte. « Bonne » et « mauvaise » éducation sont ainsi souvent mises en parallèle (les Petites Filles modèles, le Général Dourakine), parfois de manière ouvertement démonstrative (Comédies et proverbes). Autant que sur le respect de l'ordre établi, la morale repose sur un sentiment religieux très fort qui peut aller jusqu'au mysticisme (Pauvre Blaise !). Cela dit, les héros enfants – garçons et filles – sont dépeints avec beaucoup de naturel ; ce ne sont pas des stéréotypes, mais des personnages vivants et parfois ambigus, en qui le bien et le mal luttent constamment. Prise entre les feux croisés de la critique marxiste et psychanalytique, la comtesse s'est vue accusée au xxe siècle de manichéisme, de conservatisme social et même de sadisme. Cela ne l'empêche nullement de conserver aujourd'hui encore un large succès dans le jeune public.