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Syrie

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

La renaissance des lettres arabes (« al-Nahda ») doit aux pionniers syriens autant qu'aux Libanais et aux Égyptiens. À Alep fut fondée la première imprimerie arabe en 1712, et un Alepin, Rizqallah Hassûn, créa le premier journal en langue arabe (Mir'at al-Ahwâl). À Damas fut instituée la première académie scientifique arabe (1919).

Représentée par des poètes néoclassiques comme Butrus Karâma (1774-1851), Amîn al-Jundî (mort en 1841) et Badawî al-Jabal (Sulaymân Ahmad), la poésie syrienne resta longtemps académique. Quatre poètes retiennent ensuite particulièrement l'attention : 'Umar Abû Rîcha (1910-1990), auteur de vers patriotiques, lyriques et philosophiques d'une grande virtuosité ; Nizâr Qabbânî (1923-1998), l'un des poètes les plus populaires du monde arabe, peu respectueux des tabous et n'hésitant pas à prendre violemment parti sur des problèmes brûlants (la défaite de 1967, les divisions interarabes, les régimes policiers) ; Muhammad al-Mâghût (né en 1934), défenseur des opprimés et des petites gens ; et Adonis (né en 1930), un des plus importants poètes arabes contemporains, dont l'œuvre témoigne d'une constante inquiétude métaphysique. Le roman s'ouvre aux problèmes de la vie grâce à Chakîb al-Jâbiri (Fringale, 1937). Il puise ses sujets dans la politique avec Muta' al-Safadî (la Génération du destin, 1960) et Fâris Zarzûr (les A-sociaux, 1971), s'engage aux côtés des petites gens avec Hannâ Mîna, écrivain de la mer et chef de file des écrivains réalistes (la Voile et la Tempête, 1966).

La nouvelle a comme principaux pionniers Muzaffar Sultan et surtout 'Abd al-Salâm al-'Ujaylî, considéré comme un maître du genre. Le drame palestinien constitue l'intrigue de plusieurs nouvelles, notamment celles de la Terre triste (1960) de Badî' Haqqî, cependant que Sa'îd Hûrâniyya mêle militantisme révolutionnaire et regard nostalgique sur la société syrienne. Les problèmes de la condition féminine sont évoqués par de nombreuses femmes écrivains : Widâd Sakâkînî (Miroirs humains, 1945), Ulfa al-Idlîbî (Et Satan s'amuse, 1970), Colette Khûrî (Quelques jours avec lui, 1959), Ghâda al-Sammân (Nuit des étrangers, 1966) et Qamar Kîlânî.

Dès son premier recueil (le Hennissement du cheval blanc, 1960), Zakâriyyâ Tâmir renouvelle l'écriture, avec son humour noir et son univers fantasmagorique. Sur ses traces et après la défaite de 1967, une nouvelle génération se lance dans une écriture romanesque expérimentale, éclatée avec Hânî al-Râhib, onirique avec 'Abd al-Nabî Hijâzî (le Lourd Vaisseau du temps, 1970), symboliste et cauchemardesque avec Walîd Ikhlâsî (le Rapport, 1974), iconoclaste avec Haydar Haydar (Festin pour algues marines, 1983), épique et fantastique avec l'écrivain d'origine kurde Salîm Barakât (les Seigneurs de la nuit, 1985).

Le théâtre connaît des débuts difficiles. Ahmad Abû Khalîl al-Qabbânî (1836-1902), auteur dramatique, fonda à Damas la première troupe théâtrale et dut fuir en Égypte, afin d'éviter le puritanisme de ses compatriotes. Les premières pièces sont historiques avec Ma'rûf al-Arnâ'ût (1892-1948), symboliques et mythologiques avec Khalîl al-Hindâwî (1906-1976). Sa'd Allah Wannûs (1941-1997), légitimement considéré comme le plus grand dramaturge syrien contemporain, est passé d'un théâtre épique de « politisation » (Soirée pour le 5 juin, 1968 ; les Aventures de la tête du mamelouk Jâbir, 1970) à une réelle plénitude (Rituel pour une métamorphose, 1994).