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André Suarès

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Marseille 1868 – Saint-Maur-des-Fossés 1948).

Son œuvre est une suite d'ardentes et de curieuses méditations, volontiers aphoristiques, souvent solennelles ou d'une grandiloquence qui sonne aujourd'hui un peu forcée. À l'adolescence, il traverse une crise mystique, relatée plus tard dans Images de la grandeur (1901), et ressent douloureusement la mort de son frère (Sur la mort de mon frère, 1904). Son inquiétude exaspéra son dédain de la barbarie et son sentiment de solitude malgré l'amitié de Claudel, de Valéry, de Romain Rolland et de Charles Péguy (le Bouclier du zodiaque, 1907 ; Sur la vie, 1912 ; Trois Hommes : Pascal, Ibsen, Dostoïevski, 1913 ; Goethe le grand Européen, 1932 ; Vues sur l'Europe, 1936 ; Voici l'homme, 1948). Membre de la Nouvelle Revue française, fasciné par la Renaissance, il effectue, à partir de 1893, plusieurs séjours en Italie, qui correspond à son amour de la grandeur et de l'énergie, et dont il fait l'objet du Voyage du condottiere (1911-1932). Constitué de trois volumes publiés séparément et consacrés respectivement à une ville, Venise, Florence et Sienne, l'ensemble est réuni après la mort de l'écrivain en 1954. Pour l'auteur, le condottière est à la fois figure du voyageur et l'artiste. On lui doit aussi des recueils de poèmes, depuis Airs (1900) jusqu'à Antiennes du Paraclet (1976), des pièces de théâtre (la Tragédie d'Électre et d'Oreste, 1905) et des réflexions sur l'esthétique (Remarques, 1917-1918). Son élan vers l'Être, sa foi passionnée, aux accents nietzschéens, dans le génie et le salut par l'art, sa mystique de l'intuition et de l'émotion, qui doit beaucoup à Bergson, cachent mal son angoisse permanente du néant.