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Jacques Dufour, dit Jude Stéfan

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète français (Pont-Audemer 1930).

Il se méfie de l'épanchement lyrique (« Je n'ai jamais eu le cœur de chanter », Xénies, 1992) et écrit pour « abolir l'ennui en épousant le temps qui ravage » (Dialogue avec la sœur, 1987). Son pseudonyme est un masque et un programme (Jude l'obscur, l'apôtre, le juif, Stephen de Joyce), autour duquel il s'invente une biographie (Suites slaves, 1983) et trois sœurs, Ève, Hélène et G(ert)ude, double incestueux, dont les figures se mêlent à celles des Parques, « dures tendres sœurs », et des prostituées, « douces dures consœurs ».

Sa poésie se nourrit de références très hétérogènes : l'intrusion de rythmes et de tournures de la poésie élégiaque latine casse la syntaxe et le vers français ; son goût pour l'excès le rapproche des baroques. Il joue avec les mots (Povrésies, 1997 ; PrOsÈMES, id.), ranime mots et genres oubliés, dans des textes inclassables (Gnomiques, 1985 ; Scholies, 1992) et des poèmes (Stances, 1991 ; Prosopopées, 1995 ; Épodes, 1999), privilégie les formes brèves (À la vieille Parque, 1989 ; Élégiades, 1993), mais publie aussi de longues Idylles (1973). Ses nouvelles saisissent les Accidents (1984) de la vie (la Crevaison, 1976 ; la Fête de la patronne, 1991).