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Laurence Sterne

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain anglais (Clonmel, Irlande, 1713 – Londres 1768).

Entré dans les ordres grâce à un oncle chanoine d'York, il menait à Sutton-in-the-Forest une existence épicurienne lorsqu'il accède à la célébrité en 1759, avec la publication des deux premiers volumes de Vie et Opinions de Tristram Shandy, gentleman, chef-d'œuvre d'humour doucement absurde qui, de digression en digression, parvient à retarder la naissance du héros jusqu'à la moitié du roman, en passant par quantité de jeux typographiques (pages blanches, pages noires, pages tachées, etc.) et de réflexions de la narration sur elle-même. Après avoir fait paraître un recueil de Sermons (1760), Sterne voyage en France pour raison de santé, et il en rapporte le Voyage sentimental (1768), fantaisie semi-autobiographique dont la finesse amusée masque l'étrange mélange de pudeur et d'obscénité, placé sous l'égide de Rabelais, de Cervantès et de Montaigne. S'identifiant à Yorick, le fou d'Hamlet, il découvre avec ravissement la philanthropie et la bienveillance naturelle des continentaux dans une suite de réflexions et de descriptions pleines d'humour. Par la maîtrise littéraire du fantasme, Sterne surmonte sa mélancolie : c'est l'ombre d'une sagesse qui se dessine à travers un stoïcisme de dérision. Après sa mort furent publiés différents recueils de sa correspondance, notamment les Lettres de Yorick à Eliza (1775). Sterne reste le maître d'une désinvolture et d'un humour qui ont exercé sur Diderot une influence notable.