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Wole Soyinka

Wole Soyinka
Wole Soyinka

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain nigérian de langue anglaise (Abeokuta 1934).

Auteur dramatique, poète et romancier, prix Nobel de littérature en 1986, il est né à l'ouest du Nigeria, dans le pays yorouba, dans une ville où parut en 1857 le premier journal imprimé en yoruba. Son père est directeur d'une école anglicane à Ake, un quartier de la ville dont Wole Soyinka fera la description dans l'ouvrage du même nom. Il étudie à Lagos, puis à Ibadan, et en Angleterre à Leeds. Il fréquente le Royal Court Theatre, haut lieu brechtien de Londres. Il revient au Nigeria avec une bourse de recherche sur le théâtre local et il fait jouer dès 1959 le Lion et la Perle (1963), qui oppose un jeune instituteur, discoureur et vantard, fier de son éducation européenne, à un vieux chef de village, roué et lubrique, qui séduit la belle du village au grand désespoir du jeune homme. Commence alors une période féconde, qui culmine avec le grand prix du Festival des arts nègres de Dakar en 1966 pour la Récolte de Kongi (1967) ; il écrit aussi un roman sur les milieux cosmopolites des universités du Nigeria, les Interprètes (1965) et plusieurs recueils de poésie publiés et traduits plus tard, Idanre (1967) et la Terre de Mandela (1988).

Pendant la guerre civile nigériane (1967-1970), Wole Soyinka, qui ne soutient pas le régime sécessionniste biafrais mais souhaite favoriser les médiations pacifiques, est emprisonné par le gouvernement fédéral pendant plus d'un an et demi. Il raconte sa détention dans un beau texte, Cet homme est mort (1952), qui a eu du mal à percer le mur du silence : comment pouvait-on être contre la sécession sans être pour le gouvernement ? La recherche permanente d'une autonomie de l'écriture, d'une liberté de l'intellectuel à l'égard de tous les pouvoirs, y compris ceux de la littérature, est la règle de sa pratique. Homme de gauche antitotalitaire, il moque les marxistes « gauchocrates » (leftocrats) mais aussi les « néo-tarzaniens » qui croient à la sagesse de l'Afrique des lianes...

En 1992, il écrit une nouvelle pièce, From Zia with Love, qui retrouve l'univers de la récolte de Kongi, la pièce dans laquelle il se moquait de Nkrumah (1966). Jusqu'en 1994, il partage son temps entre le Nigeria, où il espère voir revenir un gouvernement civil, et de nombreuses universités étrangères. Il poursuit son travail de fiction autobiographique, qui a connu un succès mondial avec Ake (1981) et voit la notoriété de son œuvre croître à travers les multiples mises en scène ; en 1994, sa tragédie, la Mort et l'écuyer du roi (1975), est montée à Paris par des acteurs français. Il se retrouve fréquemment en exil : le régime nigérian n'aime pas ce défenseur éloquent des droits de la liberté. Revenu au Nigeria en 2001 avec une nouvelle pièce, « à la manière d'Alfred Jarry », King Baabu, qu'il a montée et tournée dans tout le pays, il renoue avec la veine de ses débuts. Présent sur la scène politique, il entend faire du théâtre et de la littérature des instruments de combat pour la liberté.