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Fiodor Kouzmitch Teternikov, dit Fiodor Sologoub

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain russe (Saint-Pétersbourg 1863 – Leningrad 1927).

Fils d'une blanchisseuse, il apprit à aimer la musique et la littérature dans la famille qui employait sa mère, puis il enseigna les mathématiques. Ses poèmes (recueils de 1896 et 1904 ; le Cercle enflammé, 1908) traduisent son pessimisme, issu d'une vision d'un monde sans Dieu, où percent des motifs sataniques, souvent érotiques, que l'on retrouve jusque dans les derniers recueils, même si l'écrivain y accorde plus de place à la beauté, à l'amour idéalisé. Son écriture poétique, ciselée à l'extrême, peut paraître d'une froide élégance. Plus proche des parnassiens (Baudelaire, Verlaine), avec lesquels il partage une utilisation du symbole comme transposition concrète d'une abstraction, que des décadents-symbolistes, il se rattache en partie au réalisme par son œuvre romanesque. Rêves lourds (1896), son premier roman, d'inspiration autobiographique, montre les efforts d'un professeur pour préserver son idéal de la fausseté et de la vulgarité environnantes. Le rêve se transforme en cauchemar dans le Démon mesquin (1905) : la dimension symbolique résulte de la présence du diablotin Nedotykomka et de la folie du héros, dont le processus forme, avec le tableau de la vulgarité et de la psychopathie du milieu, le contenu du roman, Peredonov finissant par assassiner son meilleur ami. Réalité et fantaisie ainsi mêlées apparaissent dans les autres romans (comme la Légende en création, 1914, sur la révolution de 1905). Sologoub est aussi l'auteur de drames symbolistes dont le plus connu est la Victoire de la mort (1907), qui a été mis en scène par Meyerhold. Le titre révèle une des singularités de l'œuvre de Sologoub, son obsession pour la mort. Dans les recueils de nouvelles, dont le premier porte un titre emblématique (le Dard de la mort, 1903), celle-ci est omniprésente, qu'elle soit désirée comme une libération (Consolation, 1899) ou redoutée comme un phénomène monstrueux (Dans la foule, 1907).