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Slovénie

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Leur position aux confins des mondes germanique et latin a donné aux Slovènes une spécificité culturelle par rapport aux autres Slaves du Sud. Les élites sociales se sont trouvées rapidement germanisées ou italianisées. Seules les masses paysannes ont conservé leurs dialectes slaves, cultivant une littérature orale. Après la Réforme, le pasteur Primoz Trubar (1508-1586) publie en langue vulgaire et en caractères gothiques puis latins ses livres d'enseignement religieux et sa traduction du Nouveau Testament. Jurij Dalmatin (1547-1589) traduit la Bible. Tout au long du xviie s. le slovène est réservé à la propagande religieuse. Au siècle suivant, le moine Marko Pohlin (1735-1801) écrit en slovène une œuvre didactique. Les autres, comme le baron Ziga Cojs, Anton T. Linhart, Valentin Vodnik, écrivent et traduisent en slovène.

Jernej Kopitar (1780-1844), l'un des plus éminents représentants de la philologie slave, préfigure le romantisme, mais il juge le slovène propre seulement à une littérature religieuse et didactique. Les jeunes poètes, groupés autour de l'almanach Cbelica (l'Abeille), luttent pour créer une littérature nationale en langue slovène. L'un des plus grands poètes de cette époque, France Presern, est le premier à s'inscrire directement dans le mouvement romantique européen.

L'époque du réalisme est marquée en Slovénie par la lutte du mouvement Jeune-Slovène contre les conservateurs. Fran Levstik (1831-1887) et Josip Stritar (1836-1923) suivent les intentions réalistes. Les autres, comme Josip Jurcic, Simon Jenko, Simon Gregoric, Anton Askerc et Ivan Tavcar, expriment les idées patriotiques et les convictions sociales et nationales héritées de 848. Les représentants du réalisme se groupent autour de la revue Ljubljanski zvon. Le plus connu d'entre eux est Janko Kersnik (1852-1897), qui dépeint dans ses romans la vie de la province. Ivan Cankar, Oton Zupancic, Dragotin Kete et Josip Murn annoncent le mouvement Moderne. L'époque de la Moderne est dominée par Ivan Cankar (1876-1918), qui dans ses nouvelles, ses romans et ses drames sociaux, exprime sa révolte contre les injustices sociales et l'asservissement de la nation.

La création du royaume de Yougoslavie en 1918 n'apporte pas aux Slovènes une libération nationale complète puisque beaucoup de leurs compatriotes sont restés hors des frontières du nouvel État. Certains poètes cherchent refuge dans la vie spirituelle (Anton Vodnik) ou optent pour la révolution sociale (Tone Seliskar) ou les images visionnaires et mystiques (Srecko Kosovel, Alojz Gradnik). Oton Zupancic s'interroge sur les problèmes fondamentaux de l'homme, de la société et de la nation, avant de se rallier à la Résistance. À cette époque apparaît une littérature sociale, réaliste, engagée aux côtés du mouvement communiste (Prezihov Voranc, Jus Kozak, Bratko Kreft, Edvard Kocbek).

Après la rupture de la Yougoslavie avec le bloc soviétique et après le renoncement au réalisme social, certains écrivains et les critiques proclament l'indépendance de l'art (Josip Vidmar), tandis que d'autres (Boris Ziherl) défendent les positions du réalisme. Les représentants de cette époque sont Danilo Lokar, Vitomil Zupan, Beno Zupancic, Vladimir Kavcic, Andrej Hieng, Matej Bor, Joze Udovic, Cene Vipotnik, Ciril Zlobec, Janez Menart. La fin des années 1960 voit apparaître une avant-garde obstinée, impatiente de détruire tous les tabous (Rudi Seligo, Drago Jancar, Uros Kalcic, Boris Jukic, Vladimir Kovacic, Emil Filipcic, Branko Gradisnik, Tomaz Salamun, Taras Kermauner). Le débat né au xvie s. entre la Réforme et la réaction catholique, perpétué à l'époque romantique entre Presern et les folkloristes, et plus tard entre Cankar et les cléricaux, se poursuit dans une vie littéraire qui continue d'être intimement liée au mouvement des idées nationales et politiques.