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Sibérie

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Depuis le xviie s. se développe en Sibérie une littérature d'expression russe. Abordant dans leur spécificité locale les problèmes de l'U.R.S.S. (guerre civile, industrialisation), elle apparaît à présent spécialement préoccupée par la mise en valeur du territoire sibérien et par ses contradictions (appropriation des ressources naturelles, écologie). Le fait majeur du xxe siècle reste néanmoins l'émergence de littératures en langues indigènes, représentées par la littérature bouriate, iakoute et celle des « petites nationalités » sibériennes.

Jusqu'en 1917, la Bouriatie n'a connu qu'une riche tradition orale (chants, contes, épopées ou ouliguer), l'expression écrite se réduisant à une littérature bouddhique d'origine mongole et à des drames manuscrits. Fondée par le polygraphe K. Namsaraïev et les poètes Solbonè Touïa (1890-1937) et D. Dachinimaïev (1904-1937), la nouvelle littérature adapte aux thèmes soviétiques une poésie imprégnée de folklore (D. Damdinov [1912-1942], B. Bazaron [1907-1966], B. Abidouïev [1909-1940], T. Galsanov [né en 1917], N. Damdinov [né en 1932]), puis un théâtre issu du drame scolaire traditionnel (B. Baradine, A. Chadaïev [1902-1969], N. Baldano [né en 1907]). Inaugurée par Namsaraïev et T. Don (1905-1938), la prose connaîtra un essor plus tardif, grâce aux romans de J. Toumounov (1916-1955), de T. Tsydendambaïev (1918-1977), de B. Batojabaï (né en 1921) et de B. Moungonov (né en 1922), qui font revivre le passé féodal et l'évolution de la société bouriate.

Des mythes, des légendes et l'épopée de l'Olonkho constituent le folklore de Iakoutie. C'est après la révolution de 1905 qu'apparaissent autour des dramaturges A. Sofronov (1886-1935), N. Neoustroïev (1895-1929) et du poète A. Koulakovski (1877-1926) des œuvres écrites porteuses de revendications nationales et sociales. Premier écrivain soviétique, P. Oïounski (1893-1939) est suivi dans sa célébration de la société nouvelle par les poètes S. Elliaï (1904-1976), K. Ourastyrov (né en 1907), S. Bogoronski (né en 1907) et les prosateurs-pionniers du roman iakoute Erilik-Eristine (1892-1942) et N. Mordinov (né en 1906). Dominée par les vers civiques ou lyriques de Semion Danilov (1917-1978) et de I. Gogolev (né en 1930), et la prose historique de Zolotariov-Iakoutski (né en 1908), la littérature présente s'ouvre aussi, avec les romans de A. Syromiatnikova (née en 1915), de Sofron Danilov (né en 1922), de V. Iakovliev (né en 1934), aux problèmes sociaux actuels.

Jadis les plus déshérités de l'Empire, les peuples de l'Extrême-Est et du Grand Nord soviétique (26 nationalités, 8 groupes linguistiques) ne possèdent jusqu'en 1930 qu'une littérature orale : chants, contes, mythes cosmogoniques. La révolution leur ouvre l'accès à l'écriture, d'abord au travers de recueils didactiques (Notre vie, 1929) et d'adaptations folkloriques (les Koriaks L. Joukov, V. Kekketyne), puis d'autobiographies censées refléter le chemin parcouru (les Nenets N. Vylka et I. Istomine ; l'Even N. Taraboukine ; l'Evenk N. Sakharov ; l'Oudégué D. Kimonko). Ce thème, qui persiste dans la littérature actuelle (le Nanaï Khodjer, I. Istomine), s'associe dans les récits du Nenets Laptsouï, du Tchouktche Rytkheou, ou dans la prose poétique du Mansi Chestalov et du Nivkh V. Sangui à des recherches formelles que guide le folklore, ainsi qu'à un souci neuf d'affirmation de l'identité culturelle.