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Samuel Selvon

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain trinitéen (La Trinité 1923 – 1994).

Journaliste à ses débuts lorsqu'il s'essayait à la poésie, cet auteur de pièces radiophoniques et de livres pour enfants donna avec Un Soleil plus éclatant (1952) le coup d'envoi au roman trinitéen. Il part avec George Lamming en Grande-Bretagne en 1950, et tous deux (comme V. S. Naipaul) font partie des premières grandes migrations des diasporas caribéennes venues reconstruire la métropole. Sérieux et humoristique en même temps, dans ses récits de la vie dans l'île des Indiens et autres groupes ou de leurs découvertes et déboires en milieu britannique, Selvon manie en effet l'humour avec la facilité redoutable des chanteurs de calypso, enrobant sans l'atténuer sa critique sociale. Ses récits se divisent en deux grands groupes selon qu'ils se passent au pays ou en terre d'exil. Dans le premier cas, Un Soleil plus éclatant (1952), Une île est un monde (1955), Turn Again, Tiger (1958), J'entends le tonnerre (1963), les Plaines de Caroni (1970), Ceux qui mangent la Cascadura (1972) et la plupart des nouvelles de Voies ensoleillées (1957) décrivent les relations entre groupes ethniques et les conflits sociaux à Trinidad en insistant sur les ressources de la culture populaire. Dans le second cas, les Londoniens esseulés (1957), The Housing Lark (1965) et l'Ascension de Moïse (1975), suite picaresque de Les Londoniens esseulés, évoquent avec plus d'humour que de rancœur les rapports entre immigrés noirs et monde occidental, tandis qu'invention verbale et jeux de mots se donnent libre cours. Puisant dans la tradition orale antillaise, utilisant un « dialecte modifié » qui place le narrateur à mi-distance entre La Trinité et le lecteur européen, Selvon sait susciter la sympathie tout en persiflant des travers qui n'empêchent pas ses personnages les plus grotesques de rester profondément humains.