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Leonardo Sciascia

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain italien (Racalmuto, prov. d'Agrigente, 1921 – Palerme 1989).

À la fois essayiste (Pirandello et la Sicile, 1960 ; le Cliquet de la folie, 1970) et romancier, il est l'auteur de brefs récits policiers à mi-chemin entre le conte et la réflexion politique, qui ont pour thème la Mafia et, au-delà et à l'image de celle-ci, les mécanismes les plus troubles de la politique italienne des années 1960 et 1970. Les Oncles de Sicile (1958) est un recueil de nouvelles qui analysent la société et l'histoire italiennes. Mais c'est surtout avec le Jour de la Chouette (1961) que Sciascia inaugure son art du roman policier : il s'agit du récit d'une enquête sur un crime de la Mafia, conduite par un jeune officier des carabiniers, antifasciste et originaire de Parme, d'où il ressort malheureusement que la Mafia n'existe que dans l'imagination des gens du « continent ». Suivront À chacun son dû (1966), le Contexte, (1971), Actes relatifs à la mort de Raymond Roussel (1971), Todo modo (1974), Candido ou Un rêve fait en Sicile (1977), où Sciascia évoque le compromis historique entre la Démocratie chrétienne et le Parti communiste italien, Ie Chevalier et la Mort (1988), Une histoire simple (1989). La trame de ses enquêtes, historiques ou contemporaines, anticipent ou confirment singulièrement celle de ses propres fictions, qui continuent toutefois de s'inspirer de la réalité (la Disparition de Majorana, 1975 ; les Poignardeurs, 1976 ; Portes ouvertes, 1987). Il intervient également sur des sujets brûlants de l'actualité italienne (l'Affaire Moro, 1978), tout en basant toujours sa réflexion politique sur l'expérience qu'il a vécue dans sa région natale (la Sicile comme métaphore, 1979). Son séjour en France lui a permis d'élargir son regard sur les évènements de l'histoire, comme en témoigne la Sentence mémorable (1984) dont les Essais de Montaigne constituent le point de départ. L'ensemble de son œuvre ainsi que ses Mémoires (Noir sur noir. Journal de dix années, 1980) sont rassemblés dans Œuvres complètes (1999-2000).