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Arthur Schnitzler

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain autrichien (Vienne 1862 – id. 1931).

Médecin, il devient, après ses premiers succès dramatiques (Amourette, 1895), un des chefs de file de la jeune génération viennoise. Dans ses pièces, d'abord frivoles d'apparence comme Anatole (1893), il met en évidence le vide de l'existence dans les structures. La Ronde (créée seulement en 1901) fit longtemps scandale par sa structure et son sujet : chaque nouveau personnage devient l'amant ou la maîtresse du personnage précédent, qui s'efface alors, chacun des partenaires de la « ronde » révélant l'inanité de l'idéal. Schnitzler est aussi l'auteur de romans : Vienne au crépuscule (1908) évoque les difficultés de la création chez un musicien hanté par l'échec, tout en évoquant de manière ouverte l'antisémitisme de la société autrichienne, tandis que Thérèse (1928) raconte l'échec d'une femme dans sa lutte pour échapper à l'étroitesse bourgeoise. Mais Schnitzler demeure avant tout l'auteur de très nombreuses nouvelles, à travers lesquelles il expérimente toutes les potentialités de la forme. Sur le modèle d'Édouard Dujardin (les Lauriers sont coupés, 1887) et avant Joyce et Larbaud, il utilise la forme du monologue intérieur dès 1901, dans Lieutenant Gustl (1901) : à travers les réflexions d'un sous-officier qui envisage de se suicider à l'aube pour un point d'honneur (et qui finit par y renoncer), il remet en cause les conventions et les préjugés sur lesquels repose la société viennoise d'avant-guerre. Il reprend la forme dans Mademoiselle Else (1924), où le monologue intérieur met également à nu, sur un mode plus dramatique, les pulsions cachées de l'héroïne. La Nouvelle rêvée (1926, adaptée au cinéma par Stanley Kubrick sous le titre Eyes Wide Shut, 1999) révèle, à travers le jeu de reflets entre le rêve et la réalité, l'impossible intimité du couple. Nombre de ses nouvelles ont pour héros des êtres velléitaires, hantés par la mort ou la folie comme dans l'une de ses dernières œuvres, l'Appel des ténèbres (1931), représentation vertigineuse d'une conscience paranoïaque. Freud voyait en lui une sorte de « double » : Schnitzler, qui se démarque de la théorie psychanalytique en élaborant sa propre réflexion sur l'inconscient, la rejoint cependant par son inlassable exploration du psychisme.