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Sayf ibn Dhi Yazan

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Roman de chevalerie arabe, d'origine égyptienne, composé aux environs du xve s.

C'est peut-être l'un des plus fascinants et des plus ambigus des grands romans de cette époque. Il raconte la création de l'Égypte, terre promise à Sayf Ibn dhî Yazan, un prince yéménite, et à son peuple, en dépit de l'opposition du roi de l'Abyssinie et de son armée. Non seulement le noyau central du roman rappelle la légende mosaïque mais encore le détail de la narration, les motifs utilisés (les sept fléaux, le veau d'or), les personnages – magiciens, héros inspiré par dieu, roi tyrannique et peuple étranger tyrannisé –, tous ces éléments donc concourent à appuyer le rapprochement entre Sayf et Moïse. Les enjeux du roman relèvent eux aussi d'un problème de légitimité. À la lumière de ce texte, qui joue en effet le rôle d'un mythe étiologique fondateur, les premiers et véritables habitants de l'Égypte (bien entendu, après le déluge) sont des Arabes monothéistes originaires du Yémen : l'origine et la légitimité des Coptes est ainsi établie. Remarquons cependant qu'entre les premières versions du roman, encore manuscrites, et les éditions existantes, plus tardives (début xxe s.), le texte a été considérablement augmenté par l'ajout de centaines de péripéties (le roman atteint aujourd'hui plus de 2 000 pages) qui ont submergé et noyé le projet initial. La fiction et le rêve, plutôt que le point de vue idéologique, ont fini par l'emporter.