En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Salluste

en lat. Caius Sallustius Crispus

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Historien latin (Amiterne, Sabine, 87 – Rome 35 av. J.-C.).

Il consacra la première partie de sa vie à la politique et, pendant son tribunat de la plèbe, en 52, attaqua avec violence Cicéron et Milon. Expulsé en 50 du sénat pour immoralité, il dut à la protection de César sa réhabilitation et recommença la carrière des honneurs tout en faisant partie de l'entourage politique de César. Gouverneur de l'Africa nova (Numidie) en 46, il amassa une scandaleuse fortune qui lui permit de faire bâtir sur le Quirinal une maison remplie d'œuvres d'art et entourée de jardins célèbres (Horti Sallustiani), et qui lui valut, à son retour, un procès pour concussion. Après l'assassinat de César, il se consacra à son œuvre littéraire. Dans ses trois ouvrages, la Conjuration de Catilina (récit de la crise qui ébranla Rome en 63 av. J.-C.), la Guerre de Jugurtha (sur la guerre menée par les Romains contre le roi numide de 111 à 105 av. J.-C.) et les Histoires, Salluste, à la différence de la plupart des historiens de l'Antiquité, a voulu étudier, à travers des moments de crise violente, la dégradation de la démocratie romaine, la corruption du sénat, l'impéritie et la lâcheté des nobles, et leur mainmise sur la politique et les richesses, thèmes qui seront repris jusqu'au xxe s. par de nombreux historiens de la décadence de Rome. Le style de l'œuvre, concis et recherché, le recours aux archaïsmes, aux ruptures de phrases et aux constructions asymétriques annoncent la littérature impériale, tandis que l'introduction de discours importants donnent au genre historique des dimensions politiques et psychologiques dont s'inspirera Tacite. Dans la Guerre de Jugurtha, grâce à une documentation puisée dans des ouvrages historiques en langue punique, il évoque aussi avec pittoresque les paysages d'Afrique et les intrigues qui divisent la famille des rois numides : cette couleur locale « exotique » représente une tentative nouvelle dans la littérature latine.