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Charles de Marguetel de Saint-Denys de Saint-Evremond

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Saint-Denys-le-Guast, près de Coutances, 1613 ou 1614 – Londres 1703).

Causeur brillant, soldat courageux, fidèle à la cause royale pendant la Fronde, il fut nommé maréchal de camp en 1651. Il s'intéressait déjà à la littérature : il lisait Rabelais au maréchal de Gramont et composait en 1643 une satire, la Comédie des académistes pour la réformation de la langue française. Quant à la Conversation du maréchal d'Hocquincourt avec le P. Canaye (1654), elle témoigne de la triple influence de Montaigne, de la tradition philosophique libertine et de l'enseignement de Gassendi. Saint-Evremond entre dans l'intimité de Ninon de Lenclos avec laquelle il entretiendra longtemps une correspondance. Mais la découverte, lors des perquisitions de l'affaire Fouquet, d'un libelle dirigé contre la politique de Mazarin (Lettre au marquis de Créqui sur la paix des Pyrénées, 1659) l'oblige à gagner l'Angleterre, où, refusant la grâce offerte par Louis XIV en 1689, il restera jusqu'à sa mort. En exil, il poursuivit son œuvre écrivant de brefs ouvrages réunis à partir de 1668, sous le titre d'Œuvres mêlées. Saint-Evremond considère l'histoire (Réflexions sur les divers génies du peuple romain dans les différents temps de la République, 1662), les lettres (Dissertation sur l'Alexandre le Grand de Racine, 1666 ; Sur les tragiques, 1672 ; Sur nos comédies, 1677) et prend parti pour les Modernes (Sur les poèmes des Anciens, 1685). Il apparaît dans sa correspondance comme un critique pénétrant. Homme de l'esprit critique et d'un fin libertinage, Saint-Evremond a ainsi toujours revendiqué la double volupté de l'âme et du corps (À M. le maréchal de Créqui, 1671).