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Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Théologien et écrivain français (Bayonne 1581 – Paris 1643).

Engagé dans l'Église pour y faire carrière, Jean Duvergier de Hauranne fait sa théologie chez les jésuites de Louvain, où il fréquente Jansénius. Mais ce n'est qu'après son ordination à la prêtrise (1618) et sa rencontre avec le cardinal de Bérulle, que le jeune abbé de Saint-Cyran (1620) renonça à ses ambitions mondaines. Vers 1623, Saint-Cyran entra en relation avec la mère Marie-Angélique Arnauld, abbesse de Port-Royal-des-Champs, dont il prendra la direction spirituelle. Renommé pour ses connaissances théologiques et son austérité morale, lié aux chefs de l'opposition parlementaire à Richelieu, en mauvais termes avec les jésuites, refusant les avances du cardinal-ministre, Saint-Cyran, dont l'emprise sur les esprits devenait considérable, fut finalement arrêté et emprisonné à Vincennes (1638). Il ne fut libéré qu'à la mort de Richelieu et mourut cinq mois plus tard. Si Saint-Cyran a contribué à créer, autour de Port-Royal et de la famille Arnauld, ce qui allait devenir le jansénisme, c'est en lecteur attentif d'Augustin, mais aussi en disciple de la pensée spirituelle de Bérulle et de Gibieuf. Il exigeait de ceux dont il prenait en main la direction spirituelle un « renouvellement » du cœur et une défiance à l'égard de l'homme « naturel » : sa nostalgie des premiers siècles de l'Église, la sévérité des jugements qu'il portait sur son temps l'opposaient absolument aux partisans d'une religion accordée au monde et à ses faiblesses. Toute sa rhétorique, fondée sur saint Augustin et Philon d'Alexandrie, fait de la méditation et du silence intérieur le fondement de toute parole de vérité, qui suppose l'humilité et l'anéantissement du moi. En ce sens Saint-Cyran, ce « La Rochefoucauld chrétien », est aussi un Montaigne inverse (Théologie familière, 1639 ; Lettres chrétiennes et spirituelles, 1645-1647 ; Considérations chrétiennes sur la mort, 1668 ; Pensées chrétiennes sur la pauvreté, 1670).