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Louis Farigoule, dit Jules Romains

Jules Romains
Jules Romains

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Saint-Julien-Chapteuil, Haute-Loire 1885 – Paris 1972).

Poète (l'Âme des hommes, 1904), il fonde l'unanimisme, « expression de la vie unanime et collective » (la Vie unanime, 1908). Il exposera ses principes poétiques dans le Petit Traité de versification (1923), écrit en collaboration avec G. Chennevière. Au théâtre, il donnera l'Armée dans la ville (1911), la trilogie Le Trouhadec (1923-1929), mais c'est à Knock ou le Triomphe de la médecine (1923) qu'il doit son plus grand succès : partant du principe que « tout homme bien portant est un malade qui s'ignore », un médecin nouvellement établi dans une bourgade perdue mais saine finit par amener tous les habitants, y compris son prédécesseur, à implorer ses soins. Sa carrière romanesque est marquée par la volonté de saisir l'influence de l'imagination sur la vie collective. Si la satire inspire le Bourg régénéré (1906) et Donogoo Tonka (1920), la puissance du canular est le sujet même des Copains (1913). Mort de quelqu'un et Sur les quais de la Villette (1914) sont des textes profondément unanimistes, où la vie individuelle a beaucoup moins de consistance et de réalité que la vie collective. Après la trilogie de Psyché (1922-1929), Romains élabore son œuvre maîtresse, le roman-fleuve les Hommes de bonne volonté (1932-1946). Ces 27 volumes s'ordonnent autour de deux normaliens, camarades de la promotion 1908, qui partagent l'idéal de l'auteur : ils rêvent d'une « confrérie des honnêtes gens » qui assurerait la paix entre les hommes. Ce tableau du quart de siècle s'écoule entre le 6 octobre 1908 et le 7 octobre 1933 « dans le mouvement et la multiplicité, dans le détail et le devenir » et prend appui sur « la vie unanime ». Le ciment de l'œuvre est cette « bonne volonté » impuissante entre deux catastrophes planétaires : le roman culmine de façon significative dans les volumes XV et XVI (Prélude à Verdun et Verdun). Les mêmes idées imprègnent ses essais dont Manuel de déification (1910) et Puissances de Paris, qui restent comme deux des textes fondateurs de l'unanimisme, et que prolongent, réclamant le rapprochement entre les peuples, Problèmes d'aujourd'hui (1931), Problèmes européens (1933) et le Couple France-Allemagne (1935). Vers la fin de sa vie, tout en donnant encore des romans et des poésies, il lutte pour la défense de l'humanisme et se penche avec lucidité et humour sur son passé (Amitiés et Rencontres, 1970).