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Maurice Roche

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Clermont-Ferrand 1925 – Sèvres, Hauts-de-Seine, 1997).

Musicologue (Monteverdi, 1960), lui-même compositeur, dans la lignée de Berg et de Schoenberg (il a signé la musique concrète des Épiphanies de Pichette, en 1947), il écrit d'abord pour l'oreille, ce qui l'apparente à Pinget, sans que son œuvre ressortisse pour autant au Nouveau Roman. Ponctuée de jeux de mots, son écriture est en effet comparable à une étude de rythme, où l'organisation du récit empêche néanmoins d'associer la partition scandée du texte à une lyre poétique.

La création, d'emblée, excède les cadres génériques. Dans Compact (1966), le tableau des variations pronominales répond à la diversité des notations typographiques, tandis que les pistes narratives entrecroisées, multipliant les codes et les combinatoires (des caractères Braille aux enseignes lumineuses, en passant par différents alphabets non romains), témoignent aussi d'une écriture pour l'œil. Après quelques années de silence, les fragments de Circus (1972) se recomposent en une « héautoscopie » aléatoire ; puis CodeX (1974) explore les réseaux de la lecture, « de la préhistoire à la fin de l'histoire ». Ce premier ensemble met en cause les structures sociales, culturelles et rhétoriques, en trois stades que l'auteur définit comme ceux de l'aveugle-voyant, de l'annexé-aliéné et de l'amnésique-mémorialiste.

Outre une fantaisie exubérante et durable (Un petit rien-du-tout tout neuf plié dans une feuille de persil, 1998), l'inventivité lexicale, proche de celle d'un Laforgue, traduit l'obsession de la mort, la Camar(a)de dont procèdent Opéra bouffe (1975), Macabré (1979), Maladie Mélodie (1980). Les origines ressuscitées (Mémoire, 1976) préfigurent ainsi la fin. Le journal est un Testament (1979), l'humour noir (Je ne vais pas bien mais il faut que j'y aille, 1987) inséparable des humeurs du cadavre (Grande Humoresque opus 27, 1998). Apparemment, l'écrivain n'était pas né un 2 novembre pour rien...