En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

René Ier

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Duc d'Anjou, comte de Provence et roi de Naples (Angers 1409 – Aix-en-Provence 1480).

Héritier d'une lignée de mécènes (son grand-père, Louis Ier d'Anjou, commanda la tenture de l'Apocalypse d'Angers), esprit curieux et cultivé mais homme d'action malchanceux, René d'Anjou a gardé la réputation d'un souverain paternel (le « Bon Roi René »), d'un mécène avisé et d'un homme de livres comme le montre sa bibliothèque par la variété des sujets et par le travail et la richesse des enluminures sur lesquelles il a veillé. Dans le domaine littéraire, il protégea des écrivains comme Antoine de La Sale, précepteur de son fils aîné, échangea des poèmes avec Charles d'Orléans, encouragea la représentation des mystères, dont le Mystère de la Passion qu'il fit jouer à Angers. S'adonnant lui-même à la littérature, il composa des ouvrages en prose didactiques ou moraux, tels le Traictié de la forme et devis d'un tournoy (1451-1452), des poésies (rondeaux, cantiques), où survit la tradition aristocratique médiévale, et deux grandes œuvres allégoriques en prose et en vers, qui se répondent, le Mortifiement de vaine plaisance (1455) et le Livre du cuer d'amours espris (1457). Dans la première, l'âme, personnifiée, plaint son cœur, victime des plaisirs du monde, et le confie à Crainte de Dieu et Contrition pour le purifier. Dans la seconde, c'est le cœur qui est personnifié. Le prince, combinant un récit de quête aventureuse, dont le modèle est la Queste del saint Graal, et un système allégorique dérivant du Roman de la Rose, présente l'histoire de son cœur, poussé par Désir à conquérir la grâce de la dame aimée. L'itinéraire se déploie sur une carte du Tendre, surtout douloureuse, conduisant à l'Hôpital d'Amour, avec de nombreuses allusions aux héros de la chevalerie et aux contemporains. Si les formes sont anciennes, la dimension personnelle contribue à les renouveler et la fin poignante de cette quête secrètement mystique reflète les traits de l'écriture mélancolique de l'époque.