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Francisco Gómez de Quevedo y Villegas

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain espagnol (Madrid 1580 – Villanueva de los Infantes 1645).

Outre une multitude de poèmes, parus dans El Parnaso español (1648-1670), alliant l'inspiration la plus noble et la plus profonde aux romances argotiques les plus débridées, Quevedo se fit un impitoyable satiriste dans les Lettres du chevalier de la Tenaza (1625), les Songes (1607-1622) – équivalent espagnol des Colloques d'Érasme, dans lesquels il décrit et juge sans pitié les vices de son temps –, et surtout dans les Heures de tous (1635-1636), sorte de revue satirique et philosophique des catégories sociales et des grands personnages de l'histoire. Il publia un des plus étonnants romans picaresques, Histoire de Don Pablo de Ségovie (1626), mettant en scène un héros-narrateur qui, à l'opposé du Guzmán de Mateo Alemán, est destiné à être et à demeurer abject. Ses œuvres politiques (la Politique de Dieu, 1626) et morales (Commentaire sur la biographie de Brutus par Plutarque, 1632-1644) attestent son stoïcisme chrétien et une exceptionnelle prescience historique. Écrivain des contrastes et maître du conceptisme, Quevedo a pris part à toutes les polémiques contemporaines, dans un style où la finesse extrême de la pensée et la recherche de l'expression n'atténuent jamais la dureté impitoyable du trait.