En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Luigi Pulci

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète italien (Florence 1432 – Padoue 1484).

Frère de Bernardo et de Luca, il fut familier de Laurent de Médicis. Sa fable rustique Beca da Dicomano, inspirée de la Nencia da Barberino de Laurent le Magnifique, témoigne du même dessein de restaurer la tradition populaire de la poésie florentine. Son poème chevaleresque en 28 chants Morgant, publié (1480) en 23 chants, puis (1483) en octaves et en 28 chants – ce qui lui valut l'épithète de majeur – narre les exploits, à travers l'Afrique et l'Asie, des paladins Roland et Renaud, provisoirement écartés de la cour de Charlemagne par les intrigues du traître Ganelon. Avant d'être rejoint par Renaud, Roland affronte, sur le chemin de la Paganie, trois géants qui semaient la terreur dans un couvent de moines. Il en tue deux et convertit le troisième, Morgant, qui devient son écuyer. Celui-ci connaît une mort digne de sa bouffonnerie héroï-comique : blessé au talon, comme Achille, mais d'une morsure de crabe. Il est flanqué un instant d'un compagnon de fortune, le demi-géant Margutte, personnage picaresque et jouisseur entièrement inventé par Pulci, qui est à la fois sa propre antithèse et l'inversion parodique de tous les héros de la tradition chevaleresque. L'œuvre surpasse, par sa richesse linguistique, son habileté métrique et stylistique, les chansons de geste du xive s. dont elle se voulait la parodie : son esthétique va à l'encontre de l'évolution des goûts littéraires à la cour de Laurent, de plus en plus gagnée au néoplatonisme. Entrepris sur le conseil de la mère de Laurent, Lucrezia Tornabuoni, dans le cadre d'un rapprochement avec la France, Morgant s'apparente trop, stylistiquement, aux divertissements populaires de la jeunesse de Laurent, désormais reniés, pour ne pas décevoir une cour choquée dans son désir croissant de raffinement. S'il ne put obtenir – en dehors du cercle de Laurent, la faveur d'un large public, rien n'est moins spontané toutefois, dans la richesse de son invention prosodique et lexicale, que le réalisme de Pulci.