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Aleksander Głowacki, dit Bolesław Prus

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain polonais (Hrubieszów 1847 – Varsovie 1912).

Né dans une famille de la noblesse polonaise, très tôt orphelin, il prit part à 16 ans à l'insurrection de 1863 dirigée contre les Russes ; blessé, il est fait prisonnier et une décision de justice de l'occupant le prive de son titre de noblesse. Il poursuit des études de mathématiques à l'École centrale de Varsovie (1866-1868) qu'il ne termine pas. Il publie ses premiers articles de vulgarisation scientifique, puis des textes humoristiques qu'il signe du pseudonyme Bolesław Prus, « j'ai honte d'écrire pareilles bêtises », confie-t-il (1873). Dans ses Chroniques publiées dans le Courrier de Varsovie à partir de 1875, il exprime sa confiance dans le progrès et dans la prise de conscience des problèmes sociaux par les Polonais. Il a foi dans le Positivisme qui préconise « le travail à la base » pour améliorer l'organisme social. Trois ans plus tard, il devient un auteur positiviste reconnu grâce aux nouvelles qu'il publie (le Retour de la vague, 1880 ; l'Orgue de Barbarie, 1881 ; le Gilet, 1882). Avec réalisme et émotion, il dépeint la misère des classes populaires, dénonce l'injustice sociale, sensibilise les lecteurs au sort des enfants. Son court roman Anielka reste l'un des meilleurs portraits d'enfant de la littérature polonaise. Un de ses romans majeurs, l'Avant-poste (1886), célèbre la ténacité du paysan polonais dans sa résistance à la colonisation allemande. Son chef-d'œuvre est le roman intitulé  la Poupée (1887-1889). L'intrigue pourrait être banale : Stanisław Wokulski, un noble qui croit à la modernisation, devient un commerçant entreprenant, ouvre un grand magasin très en vue à Varsovie, s'éprend d'Izabela Lęcka, fille d'un aristocrate ruiné qui le traite avec mépris parce qu'il travaille. Il choisit de disparaître. Outre les qualités d'écritures de Prus, le roman marque un tournant dans son œuvre par le pessimisme qui en découle. La société polonaise, décrite sous tous ses aspects, reste indifférente aux réformes nécessaires que certains de ses membres vont jusqu'à combattre. Une faille traverse la narration, celle du doute dans l'idéal positiviste. Parmi ses autres romans, les Émancipées (1891-1893) évoque les dérives de l'idéalisme, y compris dans le domaine de l'émancipation des femmes que le positivisme avait tant souhaitée. Le dernier grand roman de Prus, Pharaon (1895-96), cède à la mode du roman historique, mais se présente surtout comme une réflexion philosophique sur l'exercice du pouvoir politique. L'anticléricalisme et le pessimisme de l'auteur s'y révèlent dans le tableau de la lutte victorieuse du parti des prêtres contre un jeune souverain qui veut le bonheur de ses peuples. Prus expose avec clairvoyance les problèmes de son pays où l'occupation étrangère engendre une stagnation des mentalités, toute son œuvre, toujours publiée dans la presse d'abord, vise à sensibiliser ses concitoyens à la situation des plus défavorisés.