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Prah Chinavong

(Brah Jinavans)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Roman khmer, et l'un des récits les plus populaires du Cambodge.

Immense roman d'aventures, il est de type classique, rédigé en vers, selon trois modes de versification. Il a été mis par écrit, probablement par deux auteurs différents, le Vénérable Hing et le Vénérable Kru Nienathera, en 2399 de l'ère bouddhique, c'est-à-dire en 1856 de notre ère, sous le règne du roi Ang Duong. Il fut publié en 1964 par l'Institut bouddhique de Phnom Penh, mais sans doute est-il plus connu encore par le fait qu'il a été chanté, scandé, psalmodié par des chanteurs ambulants, des bardes locaux qui s'accompagnaient du luth à trois cordes, le chapei, ou capi. Enfin, une série d'admirables peintures illustrent ce roman sur les murs de la sala d'un monastère bouddhique, le Vat Kieng Svay Krau de Koki. Le héros, Prah Chinavong, est un prince, condamné à mort pour des crimes qu'il n'a pas commis. Une série d'aventures le ramènent d'abord dans son pays en quête de ses parents. Puis, ayant découvert, seul parmi d'autres princes, le portrait d'une merveilleuse princesse, il en tombe amoureux et part à sa recherche. Il la trouvera, l'épousera, la perdra, repartira à sa recherche, et, en cours de route, épousera trois autres femmes. La guerre est partout présente, avec les yaksa, sorte de géants. La séquence finale évoque l'épopée indienne du Ramayana ; le héros en quête de sa première épouse est aidé par le singe Kamhal et par toute une armée d'êtres surnaturels, familiers des textes de l'Asie du Sud-Est : oiseaux garuda, aigles indri, serpents naga. Finalement, une grande fête de retrouvailles et l'intronisation de Chinavong avec ses quatre épouses closent l'enchaînement des aventures. Devenu vieux, le roi fait venir ses fils et s'en va vivre en religieux dans la forêt pour s'y livrer à la méditation. Le texte se termine par l'évocation des réincarnations du héros, Prah Chinavong étant donné comme devant être un jour le Bouddha lui-même. Tous les thèmes, tous les motifs caractéristiques des grands romans traditionnels de l'Asie du Sud-Est se retrouvent ici : le karma est le fil conducteur des événements, le surnaturel intervient à tous moments, les animaux et les dieux participent aux actions humaines, dans le cadre d'une nature souvent grandiose et toujours frémissante de vie. Bouddhisme et croyances populaires s'y entremêlent, tandis que s'affrontent les forces bénéfiques et les puissances inverses, selon le grand rythme sans fin de la transmigration.