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Henrik Pontoppidan

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain danois (Fredericia 1857 – Copenhague 1943).

Les récits des débuts sont consacrés à une peinture du prolétariat agricole (Tableaux de campagne, 1883). Cette première phase prend fin avec les nouvelles politiques de Nuages (1890) sur un constat d'échec (« Vous avez les tyrans que vous méritez »). La deuxième phase de l'œuvre comporte quelques règlements de comptes de l'auteur avec lui-même, comme Veillée de nuit (1894), mais surtout les trois grands cycles romanesques de la Terre promise (1891-1895), Pierre le Chanceux (1898-1904) et le Royaume des morts (1912-1916) : dans cette trilogie, il a essayé de donner une image du Danemark « à travers des esprits et des destins où se reflètent les conflits sociaux, religieux et politiques de l'époque ». Pierre le Chanceux, roman en 8 volumes, est une évocation de la révolution industrielle et intellectuelle du Danemark dans le dernier quart du xixe s. : une opposition entre la ville et la campagne, entre la foi et la chasse, au plaisir et à l'argent, incarnée dans l'aventure d'un héros à qui tout réussit, mais qui abandonnera toute ambition pour revenir à la morale de ses pères. Les autres cycles sont eux aussi animés par un personnage, qui, lancé à la conquête de la « terre promise », échoue au moment même où il semble atteindre son but. L'étude du milieu est renforcée par celle de la psychologie : l'affrontement n'a pas seulement lieu entre l'individu et le monde, mais entre les aspects contradictoires du même individu. L'écriture ne parvient pas toujours à contenir l'indignation ou l'ironie de l'auteur, dont la vision s'assombrit sans cesse. Constatant que son maître, Georg Brandes, a échoué en voulant libérer le peuple, Pontoppidan se livre à une violente satire : le royaume des morts, c'est celui où nous vivons. Cette œuvre se clôt par deux petits romans désespérés, Une histoire d'amour (1918) et le Royaume du ciel de l'homme (1927). Il partagea, en 1917, le prix Nobel avec Karl Gjellerup.