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Andreï Platonovitch Klimentov, dit Platonov

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain russe (Voronej 1899 – Moscou 1951).

Fils de cheminot, il est conduit par son métier d'agronome à parcourir la Russie. En 1927, à la suite de conflits avec l'administration, et après le succès des Écluses d'Épiphane (1927), il choisit de vivre de sa plume. Son œuvre est consacrée à la révolution, qu'il voit comme un processus historique profondément populaire, permettant de restaurer l'harmonie entre l'homme et le monde en réconciliant pensée et action. Dès les Ecluses, cependant, il laisse percer ses doutes : par un exemple historique, le percement d'un canal entre le Don et la Volga – projet de Pierre le Grand entrepris sans respect ni pour la liberté de l'individu ni pour l'intégrité de la nature –, il suggère que le pouvoir absolu constitue en soi un obstacle à la transformation du monde. De 1926 à 1929, il travaille à Tchevengour, refusé par la censure : un groupe de rêveurs exaltés parvient au communisme dans la petite ville de Tchevengour, mais l'idéal débouche sur le dénuement matériel et la régression vers les instincts primaires ; la population est exterminée par les apôtres du nouveau monde, devenus bourreaux. La leçon de cette contre-utopie est prolongée dans des récits satiriques (la Ville de Villegrad, 1926 ; Makar pris de doute, 1929 ; À l'avance, 1931) qui dénoncent la prétention des bureaucrates à se substituer au peuple. La Faille (écrit en 1930, publié en 1988) reprend la problématique de Tchevengour pour évoquer la collectivisation : la violence, perpétrée au nom de l'idéal, étouffe l'utopie dans l'œuf. Dans Djann (1936, publié en 1966), l'écrivain recourt à l'inspiration biblique (un homme guide un peuple exsangue dans le désert) pour réaffirmer que la liberté est une condition nécessaire à la construction d'un monde meilleur. Les thèmes qu'il aborde le contraignent à proposer un reflet fidèle, mais sous un jour fantasmagorique surréaliste, du monde contemporain, ce qui fait l'originalité de son écriture en lui donnant une force métaphysique.