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Pier Paolo Pasolini

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain et cinéaste italien (Bologne 1922 – Ostie 1975).

Autobiographie, idéologie et expérimentation sont les trois pôles de sa création. Son assassinat a relancé les interprétations passionnées et contradictoires auxquelles son œuvre n'a cessé de se prêter – d'Enzo Siciliano (Vie de Pasolini, 1978) à Dario Bellezza (Mort de Pasolini, 1981). Ses premières compositions rassemblées dans Poésies, 1943-1970 ainsi que ses poésies en dialecte frioulan, la Nouvelle Jeunesse (1954), s'enracinent dans un conflit aigu entre langue « paternelle » petite-bourgeoise et dialecte « maternel » archaïque et paysan. La découverte de Marx, qui lui permet de dépasser ce premier conflit, n'exclut pas la prise de conscience de tout ce qui échappe en l'homme à l'idéologie marxiste (les Cendres de Gramsci, 1957), voire la tentation d'un retour à la religion (Poésie en forme de rose, 1964 ; Trasumanar e organizzar, 1971). Ses romans (les Ragazzi, 1955 ; Une vie violente, 1959) tentent, dans une langue fortement mêlée de dialecte et d'argot, de dresser un tableau critique mais aussi nuancé de tendresse, du sous-prolétariat de la banlieue romaine. Alors que ses premiers films (Accattone, 1961 ; Mamma Roma, 1962 ; la Ricotta, 1963) s'inscrivent dans cette même lignée, ses œuvres cinématographiques ultérieures, tout comme son théâtre (Calderón, 1972), seront surtout des adaptations classiques (notamment l'Évangile selon saint Matthieu, 1964 ; Œdipe roi, 1967 ; Médée, 1969 ; le Décaméron, 1971). L'activité théorique de Pasolini, qu'il exerce en dirigeant des revues telles Nuovi Argomenti et Officina ou en écrivant des articles dans les journaux, est une partie fondamentale, sinon la plus significative, de son œuvre. Elle révèle en effet toute la verve polémique, le courage, l'anticonformisme de ses choix littéraires, politiques, existentiels (Passion et idéologie, 1960 ; l'Expérience hérétique, 1972 ; Écrits corsaires, 1975 ; Lettres luthériennes, 1977 ; Descriptions de descriptions, 1979 ; le Porche de la mort, posthume 1988, ainsi que ses anthologies Poésies dialectales du vingtième siècle, 1952, et Chansonnier italien, une anthologie de poésie populaire, 1954). Parmi ses autres écrits inédits, publiés après sa mort, on retiendra son roman inachevé Amado mio (1982), son dernier roman, Pétrole (1992), qui suscita encore des polémiques, et les Pages oubliées, antérieures à 1950 et qui parurent en 1980.