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Lucila Godoy, dite Gabriela Mistral

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poétesse chilienne (Vicuña 1889 – Hempstead, New York, 1957).

En 1945, le prix Nobel de littérature, attribué pour la première fois à un auteur latino-américain, consacra sa renommée croissante. Sa production lyrique fut dès le début (les Sonnets de la mort, 1915) saluée par des poètes aussi célèbres que Rubén Darío. Grâce à l'admiration d'universitaires nord-américains, elle édita à New York un premier recueil, Désolation (1922), ses précédents poèmes n'ayant paru que dans des revues ou des anthologies. Elle reprit l'ensemble de sa production, augmentée de nouveaux poèmes, dans Tendresse (1924), où éclatent son amour pour les enfants, source, entre autres, des Cinq Chansons infantiles (1929). Désolation semble avoir été « écrit avec du sang » . Le recueil est, en effet, tout entier habité par le souvenir du seul homme que G. Mistral ait aimé, et qui s'était suicidé en 1909, sentiment qui s'est purifié en s'élargissant : l'amour pour un homme devient l'amour pour les hommes, les enfants et leur Créateur. La poésie de G. Mistral atteint alors des sommets mystiques. Le thème de la maternité est développé avec une infinie tendresse, en particulier dans Poème de l'enfant, la Femme stérile, l'Enfant seul ou Poèmes des mères. C'est aussi aux enfants basques exilés durant la guerre civile espagnole qu'elle dédia Tala (1938), livre plus hermétique, où le lyrisme laisse place à une poésie cérébrale et parfois abstraite, influencée par les courants d'avant-garde. Elle écrira encore José Martí, vers simples (1939), un dernier recueil de poésies (Lagar, 1954) – son Poème du Chili étant publié après sa mort, en 1967 – et des Croquis mexicains (1957) parachevant une œuvre dont la forme, d'une grande simplicité, contraste avec le contenu, souvent tragique, et dont les racines plongent au cœur de la douleur humaine pour exprimer un désir de purification, de transcendance, à travers une véritable union mystique avec la nature.