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Hiraoka Kimitaké, dit Mishima Yukio

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain japonais (Tokyo 1925 – id. 1970).

Petit-fils d'un ancien gouverneur de Sakhaline, il passa son enfance confiné dans la chambre de sa grand-mère fantasque qui le chérissait. Il fit ses premières études au Gakushuin, l'« école des pairs » de Tokyo, pendant treize ans (de 6 à 19 ans), ce qui lui donna une connaissance complète du monde de l'aristocratie. Il n'était âgé que de 13 ans lorsque sa première nouvelle, intitulée Oseille, parut dans la revue de son école. En 1941, une autre nouvelle, la Forêt en fleurs, fut publiée sous le pseudonyme de Mishima Yukio. Sorti premier du Gakushuin, il fut diplômé de la faculté de droit de l'Université de Tokyo en 1947, et devint fonctionnaire au ministère des Finances. Après avoir publié les Cigarettes (1946) grâce à la recommandation de Kawabata, sa Confession d'un masque (1949), récit autobiographique dévoilant l'éveil sensuel d'un adolescent attiré par la virilité, établit définitivement sa réputation d'écrivain. Sa passion des œuvres classiques japonaises : poésie et romans du Moyen Âge, théâtres traditionnels (no et kabuki), s'équilibre avec celle des écrivains étrangers : Wilde, Radiguet, Racine, Mauriac, Thomas Mann, Dostoïevski et les tragédies grecques. Son esthétique raffinée du « périssement », marquée par la fascination du néant et de la destruction, est projetée sur des sujets souvent actuels et audacieux. Parmi ses nombreuses œuvres (dont douze romans et une centaine de nouvelles), on peut citer : Une soif d'amour (1950), Amours interdites (1951), Mort en été (1952), le Tumulte des flots (1951), le Pavillon d'or (1956) – qui fit sa renommée internationale –, Chancellement d'un vertu (1957), Après le banquet (1960), le Marin rejeté par la mer (1963), et enfin son ultime tétralogie : la Mer de la fertilité, commencée en 1966 et livrée à l'éditeur une heure avant son suicide en 1970. Citons ses œuvres dramatiques : Cinq No modernes (1956), le Palais des fêtes (1956), l'Arbre tropique (1960), la Marquise de Sade (1966). D'un tempérament violent et satirique, il pratique au plus haut point, dans sa vie et dans son œuvre, l'art de la mise en scène. En affirmant la priorité du langage du corps (l'École de la chair, 1963), il entendit œuvrer pour la restauration d'une certaine tradition nationale à la fois politique et esthétique : Patriotisme (1960), le Soleil et l'acier (1965), le Japon moderne et l'éthique samouraï. La voie du « Hagakure » (1967). Créateur d'un groupe d'extrême droite, la « Société du bouclier » (Tate no kai), il se suicida publiquement après une tentative avortée de coup d'État.