En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Charles Maurras

Charles Maurras
Charles Maurras

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain et homme politique français (Martigues 1868 – Saint-Symphorien, Indre-et-Loire, 1952).

D'une famille de petits-bourgeois traditionalistes, il quitte sa Provence natale après le lycée, pour mener à Paris la vie de bohème dans les milieux littéraires. Il aimera toujours vivre marginalement, tout en fréquentant volontiers les salons parisiens. En 1888, il adhère au félibrige mais, malgré le soutien de Mistral, les félibres l'écartent, refusant sa conception fédéraliste de la nation. Il est difficile de distinguer entre son œuvre littéraire et ses textes politiques puisqu'il inscrit tous ses ouvrages dans le même projet : la défense d'un conservatisme intransigeant. Le Chemin de Paradis (1895) expose les grandes lignes de son idéal. Partisan d'un néoclassicisme, il critique durement la déraison romantique ; l'art et la morale doivent suivre les règles établies par l'intelligence (Anthinéa, 1901 ; les Amants de Venise, 1902). À partir de 1898, il devient, aux côtés de Barrès, un antidreyfusard acharné, poussant à la haine des Juifs et des intellectuels avec une extrême violence. De ce combat naît l'Action française, une Ligue et un journal (quotidien de 1908 à 1944) ; résolument opposés aux principes républicains, aux Droits de l'homme, ses amis et lui militent pour restaurer la royauté (Enquête sur la monarchie, 1900-1909). Bien qu'il soit agnostique, Maurras se pose aussi en ardent défenseur de l'Église catholique. Il s'engage à fond dans la propagande belliciste pendant la guerre.

Entre les deux guerres, sa position est menacée. Dans ses poèmes (la Musique intérieure, 1925), sa critique littéraire, il est en décalage avec son temps ; son élection à l'Académie française (1938) ne change rien. Surtout, le Vatican condamne six de ses livres (1926). Il publie alors un vaste exposé de ses idées dans un Dictionnaire politique et critique (cinq volumes, 1932-1933). Mais la restauration de la monarchie paraît de plus en plus chimérique. On comprend qu'il salue comme une « divine surprise » la prise du pouvoir par Pétain en 1940 ; il demande même à Vichy d'aggraver la répression contre les Juifs et les résistants. En 1945, il est condamné à la prison à vie ; malade, il est libéré et meurt peu après en 1952. Un choix de ses Œuvres capitales, préparé de son vivant, paraît en 1954.