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Harry Matthews

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain américain (New York 1930).

Matthews fait sortir la sémiotique des séminaires universitaires pour la faire entrer en fiction et, même s'il critique McLuhan, il traite son médium, le langage, comme message, soulignant ses ambiguïtés et ses potentialités tragi-comiques, centrant ses premiers romans (les Conversions, 1962 ; Tlooth, 1966) sur des allégories complexes où le lecteur est pris dans l'acte même de l'interprétation. Les personnages de Cigarettes (1988) sont consumés par une passion discrète, mais destructrice, alors que s'élabore le projet esthétique de Matthews : montrer les conventions de la narration, l'illusion de cohérence qu'elles produisent, pour ramener le lecteur à une approche inédite du sujet. Le Journaliste (1994) et les poèmes (Ciel de demi-saison, poèmes 1954-1989, 1991) prolongent ce travail, alors que 20 lignes par jour (1988) rappelle la composition sous contraintes de l'Oulipo.