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Joanot Martorell

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain catalan (Valence 1413 ou 1414 – id. 1468).

Il trouva dans une ancienne légende d'Angleterre la matière de Guillem de Varoich (1444 ou 1445), œuvre inachevée qui constituera, une fois refondue, la première partie de son célèbre roman de chevalerie Tirant le Blanc, entrepris en 1460, terminé après sa mort par Martí Joan de Galbà et publié en 1490. Apparenté par bien des traits aux romans de chevalerie classiques, Tirant le Blanc s'en distingue néanmoins par une absence presque totale d'éléments merveilleux – originalité qui lui vaut d'être épargné lors de la destruction de la bibliothèque de don Quichotte. Par contraste avec l'énorme invraisemblance qui consiste à faire reconquérir l'empire grec et évangéliser toute l'Afrique du Nord par Tirant le Blanc, le roman manifeste un certain souci de réalisme dans la précision de maints détails géographiques et historiques et présente de nombreuses similitudes avec les aventures du capitaine Roger de Flor (1262 ?-1305). La langue souvent familière, l'abondance de traits d'humour et le piquant des scènes érotiques achèvent de le rapprocher de la sensibilité moderne. Sa diffusion et son influence s'étendirent bien au-delà du domaine catalan : traduit en italien (1501, 1538), et de là en français sous une forme abrégée, il influença l'Arioste, Bandello et Shakespeare (Beaucoup de bruit pour rien).