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Alessandro Manzoni

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain italien (Milan 1785 – id. 1873).

Petit-fils de Cesare Beccaria et fils adultérin de Giovanni Verri, il ne retrouva la foi, perdue au cours de ses années de collège, qu'au terme d'une véritable conversion, en 1809 à Paris, où il avait d'abord subi l'influence des Idéologues. Il commence à écrire des poèmes politiques (Mars 1821, 1821 ; le Cinq Mai, 1821, inspiré par la mort de Napoléon), des Hymnes sacrés (1822) et des tragédies historiques : le Comte de Carmagnole, 1820, et Adelchi, 1822, située dans l'Italie du viiie s., lors des assauts des Francs, commandés par le futur Charlemagne, contre les Lombards du roi Didier et de son fils Adelchi. Fermo et Lucia (1821-1823), considérée comme la première version des Fiancés, éclaire la genèse du chef-d'œuvre, dans lequel le personnage de Fermo sera rebaptisé Renzo. La première édition des Fiancés (1827), dont l'action, située en Lombardie au xviiie s., culmine dans l'évocation de la peste de Milan en 1630, met en scène deux jeunes villageois, Renzo et Lucia, dont les noces sont indéfiniment reportées. Récit historique, qui unit l'influence de W. Scott à l'aspiration contemporaine de l'Italie à l'indépendance, l'œuvre marque un moment important dans la pratique et la théorie de la rhétorique romanesque. L'ultime version (1845), considérablement remaniée du point de vue linguistique, s'inspire de la tradition et de l'usage toscans. Elle est complétée en appendice par l'Histoire de la colonne infâme (1829), dans laquelle Manzoni, révisant la thèse de P. Verri contenue dans ses Observations sur la torture, voulait prouver que les juges, lors des procès contre les semeurs de la peste milanaise, auraient pu éviter l'iniquité de la condamnation, si leur conscience avait été exempte de passion. Non moins importante est son œuvre historique, philosophique et critique. Les qualités d'historien de Manzoni sont déjà largement attestées par la rigueur des sources, qui caractérise aussi bien les prologues de ses tragédies que le Discours sur certains points de l'histoire des Lombards en Italie (1821) et par maints chapitres des Fiancés, où s'affirme une vision de l'histoire moins attentive à l'événementiel qu'au conditionnement des mentalités et aux rapports de forces socio-économiques. La conscience même des exigences propres à une conception moderne de l'histoire, qu'il a acquise à travers la rédaction de son roman historique, le détourne définitivement d'en renouveler l'expérience (Du roman historique et, en général, des ouvrages où sont mêlées histoire et invention, 1851). Sa réflexion sur l'histoire (la Révolution française de 1789 et la Révolution italienne de 1859, 1868) est elle-même subordonnée à une méditation morale, philosophique et religieuse, nourrie par une vaste culture patristique et théologique, fortement pénétrée de jansénisme, qui s'exprime dans les Observations sur la morale catholique (1855), destinées à réfuter les accusations lancées par Sismondi contre l'Église romaine dans son Histoire des républiques italiennes du Moyen Âge. Quant à son œuvre critique, d'abord composée de dissertations qui se font l'écho des nouvelles poétiques romantiques (Lettre à M. Chauvet sur l'unité de temps et de lieu dans la tragédie, 1823 ; Sur le Romantisme, 1823), elle est ensuite tout entière consacrée, à travers une refonte du dictionnaire, à l'élaboration d'une langue nationale susceptible de servir de fondement à l'unité politique de la Péninsule (Sur la langue italienne, 1845 ; De l'unité de la langue et des moyens de la divulguer, 1868 ; Autour du vocabulaire, 1868 ; Lettre au marquis de Casanova, 1871).