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Felix Lope de Vega Carpio, dit Lope de Vega

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain espagnol (Madrid 1562 – id. 1635).

La majeure partie de la vie de Lope de Vega, emplie d'aventures, d'honneurs, d'exils et de souffrances intérieures, semble avoir été consacrée aux femmes et l'on s'accorde à voir dans la Dorothée, comédie en 5 actes et en prose publiée en 1632 mais probablement commencée vers 1585, une autobiographie du poète et une évocation de son grand amour de jeunesse pour Elena Osorio – d'où il ressort que l'amour vit de trahisons, et le poète, de solitude. Génie dont la vitalité va du mysticisme au libertinage, il a écrit dans tous les genres, mais ce sont surtout ses créations dramatiques qui lui ont donné la gloire. Tous les thèmes ont été pour lui des sources d'inspiration, mais d'abord l'histoire, réelle ou légendaire. Ainsi, la victoire de la flotte espagnole sur l'Angleterre, en 1585, lui fournit le sujet de La Dragontea, poème épique en 10 chants de 100 octaves, écrit en 1596 et publié en 1598 ; le personnage d'Alphonse VIII et la croisade sont le prétexte à un poème en 20 chants, publié en 1609 : Jérusalem conquise, où Vega veut rivaliser avec le Tasse. Christophe Colomb reste le personnage central d'une comédie héroïque en trois actes, le Nouveau Monde découvert par Colomb, publiée en 1614 ; en 1617, ce sont les aventures du Goth Pélage, premier héros de la Reconquête espagnole, qui fournissent le thème du Dernier Goth, au même titre que, en 1623, les Fameuses Asturiennes, qui ne sont autres que les cent vierges livrées chaque année, selon la légende, au souverain musulman de Cordoue.

Lope de Vega serait l'auteur de quelque 1 800 pièces de théâtre. Il nous reste de cette œuvre gigantesque et variée, qui occupe une place centrale dans la littérature du Siècle d'or, 436 comedias et 43 autos sacramentels. Cette fécondité ne l'a pas empêché de se pencher en théoricien sur les ressorts et la technique de la pièce théâtrale. Dans son Nouvel Art de faire les comedias (1609), il crée la formule définitive de la tragi-comédie : trois actes ; trois mille vers ; double interprétation des mêmes événements, l'une comique, l'autre tragique ; unité du lieu scénique, sans décor ; unité de temps (les trois heures d'une représentation peuvent embrasser l'histoire entière de l'humanité). Ses comédies de mœurs (l'Alcade de Zalamea, 1600 ; l'Eau ferrée de Madrid, écrite en 1603 ; la Nuit de Tolède, 1612 ; Peribáñez et le Commandeur d'Ocaña, 1614 ; les Caprices de Bélise, publiée en 1617 et rééditée ultérieurement sous le titre de la Jeune Femme capricieuse ; l'Hameçon de Phénice, 1617 ; l'Étoile de Séville, v. 1617 ; le Chien du jardinier, 1618 ; Font-aux-cabres, 1618 ; Aimer sans savoir qui, 1630 ; le Châtiment sans vengeance, écrite en 1631, publiée en 1634 ; le Meilleur Alcade, c'est le roi, 1635 ; le Cavalier d'Olmédo, écrite avant 1606, publiée en 1641) constituent le meilleur de son œuvre.

Surnommé le « Phénix des esprits » par ses contemporains tant il est vrai que son écriture renaît avec tous les genres dans lesquels elle s'informe et s'épanouit, Lope de Vega a également donné des drames inspirés de la Bible ou de l'histoire médiévale (la Belle Ester, 1610). Une place à part doit être faite à quelques œuvres de tonalité mystique (le Romancero spirituel, 1619 ; les Soliloques, 1re version, 1612 ; 2e version, 1629), à diverses pièces poétiques réunies sous le titre général de Rimes, et à un poème épique burlesque, la Gatomachie (1635).